Monter sur les planches

Il leur faut beaucoup de courage, de maîtrise et de cœur au ventre pour monter sur scène. Faire taire leurs inquiétudes, leurs doutes, leurs angoisses pour se révéler, à eux-mêmes d’abord aux autres ensuite. Et des trésors d’intelligence, de persévérance et de confiance pour ceux  qui les accompagnent. La compagnie « Les arts pètent » qui regroupe patients et soignants du Centre psychothérapique de jour de la clinique Sainte-Marie  travaille au long cours, via le théâtre, l’expression corporelle, la musique ou le chant, pour éviter l’enfermement qui isole, s’appuyer sur la création artistique qui aide à l’épanouissement individuel et ouvre des fenêtres sur le monde extérieur, c’est dire quel pari incroyable c’est chaque année de monter un spectacle pour l’offrir au regard d’autrui. L’incroyable courage et  la volonté nécessaires nourris de la confiance et du respect mutuel pour se dépasser souvent et avancer toujours… Une aventure humaine qui dure depuis dix ans déjà et en point d’orgue cette année deux représentations de « Scène de ménages » des sketchs de la vie quotidienne déclinés à plusieurs voix. En intermèdes pour faciliter les changements de décor, un medley de chansons françaises seventies, de Sheila à Hervé Villard via Stone et Charden ou Mike Brant entre autres, comme un revival de Salut les Copains en mode Carpentier. Le petit théâtre douillet du Chariot, et la proximité qu’il induit avec le public, peut autant être un avantage qu’un surcroît de trac, et c’est donc avec un stress très palpable que la soirée débutait. Rien de tel pour le dissiper et encourager les patients que la bonne humeur de Jean-François Labit aux claviers et l’enthousiasme doublé d’humilité de Lydie sur scène, au milieu d’eux, pour leur insuffler toute l’énergie indispensable qui permet à chacun de faire de son mieux voire plus… Des péripéties d’un mariage raté jouées sur plusieurs registres -séries américaines ringardes à souhait au modèle aristo emperruqué et coincé  jusqu’aux tics de langage casquette et banlieue-, des couples mal assortis tout en confidences aussi mielleuses que convenues, d’autres installés dans la routine qui sclérose insidieusement, etc… autant de flashs qui interrogent ou font sourire… Parmi les moments très forts, on retiendra aussi les blues mélancoliques à la guitare qui ouvraient cette soirée placée sous le signe de la convivialité attentionnée et de la générosité chaleureuse conclue, tradition oblige, par la fouace partagée avec les spectateurs.

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