Bonnes notes

19764708Fin de programmation en apothéose à la médiathèque de Rodez avec pour dernière projection de la saison «  Kinshasa Symphony » un film de Claus Wischmann et Martin Baers. Ce long métrage suit patiemment le seul ensemble symphonique du Congo, lequel répète méticuleusement et inlassablement la neuvième symphonie de Beethoven  « L’hymne à la joie ». Ce concert classique sera retransmis en direct à la télévision, ce qui est un  événement tout à fait inhabituel dans le pays, tant et si bien que le chef se sent même obligé de souligner que l’on retrouve  « des rythmes africains chez Beethoven». Cet orchestre qui a traversé et survécu aux infortunes tragiques de ces dernières années, coups d’état, guerre civile et pillages, est obligé de renouveler ses instruments faits de bric et de broc, de la récup à tous les niveaux, un câble de vélo pour suppléer une corde défaillante etc… Malgré des conditions de vie plus que précaires dans une métropole chaotique, bâtiments inachevés, service public à la dérive, notamment les hôpitaux, autant les musiciens que les choristes, tous s’investissent avec une énergie incroyable, multipliant les heures de transport interminables dans des minibus surchargés ou de longues heures de marche à pied pour se retrouver et répéter ensemble encore et encore. « Des amateurs de niveau moyen », comme ils se définissent eux-mêmes, qui, après leur travail de coiffeur, électricien, boutiquier ou vendeuse d’omelettes sur les marchés, relèvent avec fierté ce défi. L’orchestre comme lien social et repère d’une  identité riche de ses racines africaines, voilà le pari utopique insensé que tous mettent un point d’honneur  à réussir. Aussi démesuré et incroyable que « Fitzcarraldo » le film de Werner Herzog qui racontait comment un magnat du caoutchouc au XIXème siècle voulait transposer l’opéra italien en pleine forêt amazonienne… On reste admiratif devant tant de passions partagées, de chaleur humaine et de plaisir contagieux de la part de ces hommes et femmes sur-motivés. Après « Benda Bilili » un admirable documentaire qui montre toute la vitalité musicale du Congo. Absolument magnifique.

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