Madeleine et souvenirs

téléchargementUn livre foisonnant de personnages plus emblématiques les uns que les autres, le souffle d’une épopée romanesque autant que lyrique, voilà la trame des Misérables de Victor Hugo. Un monument en plusieurs tomes  de notre patrimoine, que nul n’ignore ne serait-ce que parce qu’à défaut de l’avoir lu in extenso, on ne compte plus ses variantes à la télévision ou au cinéma, en dessin animé et même en comédie musicale. C’était donc un  pari à hauts risques pour la compagnie des Jeux Dits de la M.J.C. d’Onet que d’en monter une nouvelle version. En choisissant l’adaptation qu’en a faite Paul Astruc, patriarche incontournable du théâtre local, c’est à une succession de tableaux astucieux que l’on assiste. Du rythme, du suspense, de l’émotion, chaque scène vibre de chaleur humaine, d’altruisme ou d’enthousiasme. Les acteurs, tous très déterminés mettent un point d’honneur à se hisser à la hauteur des héros qu’ils incarnent avec malice, rouerie, cupidité, sincérité ou grandeur d’âme, servis qu’ils sont par une mise en scène fluide d’Olivier Royer. Et dans la cave voûtée du restaurant de La Lanterne à Rodez, un espace clos restreint, la proximité avec le public démultiplie cette atmosphère : intimité de certaines séquences dont chacun devient témoin privilégié ou fresque révolutionnaire flamboyante qui frissonne au fond de soi. La fièvre politique et sociale de l’époque est méticuleusement rendue tant par les costumes particulièrement soignés que par les chansons qui ponctuent cette intrigue. Le point de vue très républicain, au sens du XIXème siècle, de l’auteur qui rebondit de tirades en tirades résonne d’universalité intemporelle toute de générosité et de fraternité. Les barricades ou la mort de Gavroche sont absolument magnifiques d’authenticité et s’imposent comme des temps forts d’une exceptionnelle justesse. Idem pour l’ouverture en arrêt sur images en clin d’œil au chef d’œuvre de Géricault ou le final autour de Jean Valjean agonisant qui voit tous les personnages se presser autour de son lit de mort, sublimé par une chanson bercée de tendresse en écho à la solidarité des humbles. Un spectacle absolument remarquable qui sera redonné une dernière fois le 17 juin à la MJC d’Onet.                                                           À ne manquer sous aucun prétexte.

 Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,  Les Misérables à la Lanterne,                                                            Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,  Les Misérables on célébra !!!

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