Mêlée ouverte

téléchargementEn ouverture de  la dernière journée du Festival de théâtre amateur d’Onet, les organisateurs avaient fait appel à une troupe toulousaine laquelle proposait «  Baroufe à Tolosa » version relocalisée d’une pièce de Carlo Goldoni. Cet auteur italien très prolifique a écrit un peu dans tous les styles mais avec une prédilection pour la commedia dell’arte. Originellement supposée se passer à Chioggia, un petit port à l’entrée de la lagune de Venise, la Compagnie des « Chercheurs d’étoiles », si joliment nommée, a transposé l’intrigue de cette comédie toute bruissante de vie, de truculence et de de fureur sur les bords de la Garonne. Alors que les hommes sont partis à la pêche dans  leurs gabarres, les femmes vaquent à leurs occupations de lavandières ou de dentelières avant de se retrouver sur la place du village à cancaner, pérorer ou se chamailler pour un rien. Un regard déplacé, une allusion un peu appuyée et aussitôt ça dérape. Une étincelle suffit à embraser l’assemblée qui se querelle à qui mieux mieux. Garce, chipie, mégère, on se crêpe le chignon, – comme le chantera Nougaro quelques siècles plus tard, ici même les mémés aiment la castagne. Une hystérie collective s’empare de toutes et il faudra des trésors de diplomatie et de rouerie de la part d’un illustrissime, genre d’autorité supérieure dotée de pouvoirs de justice, volontiers porté sur la bouteille et coureur de jupons,  pour réconcilier deux clans qui se regardent en chiens de faïence. On n’est pas très loin des Capulet et des Montaigu de Vérone, la tragédie en moins, remplacée avantageusement par la verve, la joie de vivre et l’exubérance. C’est une farce universelle toute de sous-entendus, dopée à l’élixir de jouvence, tonique à souhait et gentiment canaille.  Dans un décor réversible particulièrement astucieux, les acteurs très homogènes aux costumes très soignés pétillent de justesse et de drôlerie. La mise en scène se révèle fluide et imaginative, n’hésitant pas au besoin à quelques clins d’œil anachroniques comme cette parodie de jeu télévisé pour donner chair à ces personnages populaires, tous de tendresse bourrue et de chaleur humaine.                                                                                     La meilleure pièce en compétition, où la malice du texte rayonne de l’énergie euphorisante des comédiens.

 

Publicités
Cet article, publié dans Théâtre, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s