Cocus channel

1021803804.2Il est urgent que cela s’arrête. Servir et resservir toujours les mêmes histoires de maris volages, épouses trompées et autres amants en goguette où les réflexions les plus machistes rivalisent de bêtises avec des brèves de comptoirs et autres fariboles franchouillardes, basta! C’est au pire glauque et graveleux, au mieux transparent et tout de vacuité. Servir ce genre de théâtre désuet et hors sol, pour ne pas dire pire, ce n’est bon ni pour le théâtre ni pour les acteurs ni pour le public, tous méritent mieux. De vrais auteurs qui ont quelque chose à dire, des textes construits qui sollicitent l’intelligence plutôt que des pantalonnades convenues, le public curieux et friand d’imaginaire ou d’inventivité, voilà qui ne manquerait ni de sens ni d’ambition. Tout le contraire de la pièce présentée hier soir au Festival Premier Acte à la Baleine « La vérité » de Florian Zeller, c’est de l’intrigue cousue de fil blanc, certes plutôt mieux écrite que la moyenne du genre, mais avec ses sempiternelles figures de personnages ultra normés qui conjuguent futilité et inconsistance! Deux couples donc, petits bourgeois forcément hétéros et mariés, un directeur financier momentanément au chômage ( et donc sujet de moqueries) et son épouse médecin, un cadre commercial et sa femme professeur (souvent en grève évidemment), -question clichés on accumule-, ces messieurs meilleurs amis, lesquels ne partagent pas que le tennis comme passion commune… c’est à qui fera preuve de la plus mauvaise foi et d’excuses bidons en dialogues de boulevard où le quiproquo tient lieu de subtilité, c’est consternant de bout en bout. Pour enrober d’un vernis plus présentable on s’offre de temps en temps quelques digressions à prétentions philosophie d’opérette, où le verbeux le dispute à l’inanité. Un relooking de façade qui évite heureusement les coups bas mais qui donne une envie furieuse de retrouver l’élégance de Marivaux ou la fluidité d’Éric Rohmer. Dans un décor astucieux, et des musiques d’ascenseur en parfaite adéquation avec le vide sidéral de l’histoire, la Compagnie toulousaine Pop‘Hilare tire bien son épingle du jeu, et les comédiens ne manquent pas de bonne volonté, hélas en pure perte… « Grotesque ou pathétique » pour reprendre une réplique de la pièce, voilà comment on pourrait résumer la soirée d’hier.

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Un commentaire pour Cocus channel

  1. Mae LAFON dit :

    Et pourtant le prix du comité régional de théatre amateur leur a été décerné pour leur « audace  » , leur  » inventivité  » ! alors que j’y ai vu personnellement un  » copié-collé  » ( assez réussi toutefois ) de la méme piéce avec Arditi dans le role principal ! Dépitée ……

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