Prima Donna

téléchargementUne famille italienne à l’organisation pyramidale avec au sommet une déclinaison burlesque de la Mama traditionnelle, autour de qui tous s’agitent. Elle, qui est centenaire, les vampirisent pour sa seule et unique raison de vivre: manger encore et toujours, tout et n’importe quoi, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, un appétit symbolique démesuré pour « La Nonna » celle qui a donné son nom à cette pièce de l’auteur argentin Roberto Costa, c’est bien évidemment un pied de nez grinçant à la société de surconsommation actuelle. C’est tout cela mais peut-être surtout l’histoire d’une famille en souffrance qui survit mal, où l’on n’arrive pas à joindre les deux bouts, entre emplois mal payés, chômage endémique et prostitution occasionnelle, bref la paupérisation rampante rehaussée par la chaleur humaine, une parabole de notre temps. Un décor cheap de cubes entassés les uns sur les autres, aux couleurs volontairement délavées et fadasses, multifonctionnels, on s’y assoit, on s’y retrouve pour papoter, se plaindre ou se confronter, et un peu en recul une boite façon confessionnal sommaire où trône la Nonna sur son fauteuil roulant. De là, elle y domine toute la maisonnée : les rapports compliqués qu’elle génère entre son fils chez qui elle s’est incrustée et sa femme, sa fille entre oisiveté compulsive et ambitions artistiques contrariées, sa petite-fille oiseau nocturne qui vit de ses charmes et un pauvre bougre soupirant que l’on plumerait volontiers… Une histoire tendance misérabiliste qui ne demande qu’à s’emballer pour passer du mélo à la truculence, de la fable sociale à la farce grotesque … tout ce qui est intrinsèque des meilleures comédies du cinéma italien inventif et vibrionnant que l’on adore – Scola, Comencini, Ferreri et autres. La Troupe en Boule venue du Lot voisin participer au festival de théâtre amateur Premier Acte s’attaquait donc à forte partie pour un résultat bien mitigé. Pratiquement aucune idée de mise en scène qui dynamise cette intrigue potentiellement explosive si ce n’est un langoureux tango esquissé entre la belle de nuit et deux gigolos, ou l’instantané  final,  les acteurs font de leur mieux contraints de multiplier les entrées et de sorties sur le plateau pour essayer de donner un peu de rythme, désavantagés en outre par des lumières hésitantes et des musiques banales. Une recette balbutiante et insipide .

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