Danser sous la pluie

imagesEn mai 2011 pour la première fois la chorégraphe belge, Anne Teresa de Keersmaeker, figure majeure de la danse contemporaine faisait son entrée à l’Opéra de Paris avec son ballet intitulé « Rain » musique de Steve Reich, un spectacle qu’elle avait déjà monté dix ans plus tôt à Bruxelles. Le documentaire d’Olivia Rochette et Gérard-Jan Claes présenté hier à la médiathèque de Rodez  suit tout le processus de la création par une troupe classique d’un ballet vu comme « un combat contre la pesanteur ». Des lignes résolument géométriques, des déplacements réglés au cordeau, des figures épurées, en adéquation avec ces sonorités minimalistes, voilà l’enjeu du travail à mener étalé sur huit mois. Choisir parmi son groupe de danseurs ceux et celles, les mieux à même d’exprimer l’alchimie entre capacité physique individuelle et émotions collectives, performances athlétiques et sensualité contagieuse, c’est à quoi s’emploie son bras droit pendant les répétitions sous sa direction particulièrement vigilante. Plus tard viendra le temps des filages minutieux, des costumes à retoucher, des décors à aménager, des lumières à installer, avant la grande première aussi attendue que redoutée. Travail à la barre incessant, contrôle vidéo pour reprendre encore et encore un détail, une posture, un enchaînement, un porter, jusqu’à ce que tout soit parfait et d’une fluidité totale. Et en coulisse le contre-point : les pieds martyrisés et meurtris, les membres douloureux, les cals qui grossissent,  les corps qui souffrent, les pansements qui se multiplient et l’énergie démesurée dont chacun doit faire preuve sur la durée pour s’approprier un autre langage chorégraphique si éloigné de sa formation initiale. Le film témoigne de tout ça et plus encore car il montre aussi comment dans ce huis clos se révèlent rapports de force, tics de vocabulaire, voire un certain snobisme, autant de clés plus ou moins indispensables pour se faire adopter dans ce milieu ultra hiérarchisé. Plans fixes muets et longs travellings dans des couloirs désertés font écho aux séquences plus conventionnelles qui illustrent la progression de cette création en devenir. Un film qui lève le voile sur l’envers d’un spectacle qui reçut un accueil enthousiaste en son temps tant de la part de la critique que des spectateurs.

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