Salaam

téléchargementDans le cadre de la journée Palestine le comité de Rodez avait fait les choses en grand : témoignages d’un couple d’aveyronnais qui ont effectué un voyage avec le CCFD-Terre solidaire en mai 2014, un film « Slingshot Hip Hop » et en soirée un concert avec le groupe de rap DAM qui sont les héros de ce documentaire de 2008 présenté au Festival de Sundance. On les suit sur une longue période de répétions en concerts, et en filigrane se déroule l’histoire récente et conflictuelle de la Palestine aujourd’hui. Arabes, de nationalité et de passeport  israéliens, ils vivent le paradoxe de cette situation: impossible de se rendre dans la bande de Gaza, avec d’immenses difficultés en Cisjordanie, interdits de séjours dans la plupart des pays arabes mais pouvant voyager assez facilement partout ailleurs. Leur musique, ils la  définissent  « 30%  hip hop, 30% littérature et 40% fruit de l’occupation » donne à entendre du rap, leur façon de « canaliser la violence et de faire triompher l’art ». Le nom de leur groupe signifie « sang »   tant en arabe qu’en hébreu et dès leur premier single « Meen Irhabi ?» (Qui est le terroriste ?) ils trouvent un large écho au sein de la communauté palestinienne, car derrière leur flow, ils savent, en quelques mots, décrire la situation de leur pays. Le long métrage de Jackie Reem Saaloum parle de leur volonté de dépasser par la culture la peur au quotidien, de leurs espoirs de liberté et d’en finir avec cet état de fait d’un pays toujours davantage morcelé par les colonies illégales au regard du droit international, où la coexistence pacifique de deux peuples s’éloigne chaque jour davantage… On voit bien sûr le mur de la honte qui progresse toujours plus, les soldats qui tirent sur les manifestants à mains nues de l’intifada, les destructions des cultures et des habitations ancestrales, les camps de réfugiés de 48 ou de 67 où le désespoir fait le lit de la haine…mais aussi des notes d’humour comme se servir d’un narghileh pour réparer le moteur d’une voiture qui chauffe vraiment trop… Ces instantanés de vie de tous les jours dressent un état des lieux autant politique que sociétal de la situation actuelle. D’autres groupes sont aussi présents dans ce film et montrent la vitalité de la création artistique palestinienne, la meilleure réponse possible à une ségrégation inadmissible, un apartheid qui ne dit pas son nom.

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