Forza Vivaldi

téléchargementUn concert entièrement consacré au célébrissime compositeur italien Antonio Vivaldi, voilà quelle était l’affiche de la soirée de jeudi à la Baleine, des cordes et un clavecin pour une succession de moments de grâce et d’émotions plus intenses les uns que les autres. Sous la baguette du chef Bernard Thomas, dont la faconde n’a d’égale que la passion, ce fut un récital pétri de virtuosité sans ostentation et de pédagogie intelligente pour toujours mieux expliquer l’auteur, ses espoirs ou ses doutes, et, in fine pour n’en faire apprécier l’œuvre que davantage.«Vivaldi a plusieurs vies » annonce d’emblée le chef : « l’insouciant de Venise »  pour la symphonie en la majeur qui débute  le spectacle, « le religieux »  pour éclairer ensuite son opus au Saint-Sépulcre et enfin « le peintre de la nature »  pour qualifier les « Quatre Saisons » en version intégrale, lesquelles seront l’essentiel du programme. La direction est toute de douceur, feutrée et bienveillante, un modèle de discrétion chaleureuse et sympathique tout en étant d’une exigence absolue. Un pari audacieux et magnifiquement réussi qui donne à l’orchestre toute latitude pour s’épanouir et au soliste pour faire des étincelles. Dans une telle atmosphère de convivialité et d’harmonie, ce monument de la musique classique devient un concerto mémorable, où chaque explication préalable ne met que mieux en exergue chaque détail, chaque nuance  ou chaque couleur. Et le feuillet distribué à l’entrée qui reprenait les poèmes correspondants à chaque saison ajoutait un surcroît d’intelligence à partager, tout en élégance vertueuse. Dans un tel contexte, chaque interprète ne peut que se transcender individuellement et/ou avec le groupe au complet pour s’approprier avec une extrême justesse l’esprit de cette œuvre mondialement reconnue. Le printemps tout en exubérance magnifiée, l’été écrasé de chaleur moite, l’automne de  tous les débordements possibles et l’hiver tout en recueillement, autant de moments qui résonnent d’une infinie délicatesse, ces petits riens qui font toute la différence. Et lorsqu’à la fin le maestro remercie sincèrement chaque instrumentiste dont il serre la main l’un après l’autre, on mesure combien cet ensemble respire le respect mutuel et devient par-là même source de plénitude. Une formation que l’on se plairait à revoir.

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