Willy l’oursin

téléchargementSon nom vous dit forcément quelque chose, ne serait-ce que parce que depuis deux ans, il tient le rôle du cuisinier déjanté, celui qui propose des plats impossibles à avaler aux concurrents de Fort Boyard, Willy Rovelli donc, était de passage à Rodez hier en tournée dans les Cap Cinémas de la région. C’est un lutin complexé par sa petite taille -lui aussi-, ce dont il se moque allègrement pendant son spectacle,  qui déboule, costume noir, chemise blanche et cravate volontairement relâchée et, qui, pour séduire son public, s’empare d’un journal local dont il commente avec délectation les nouvelles futiles qui y pullulent. C’est sa façon de briser la glace, de se rapprocher des  spectateurs qu’il interpellera aussi à intervalles réguliers. Son spectacle intitulée « Encore plus grand » a deux facettes distinctes, une éminemment sympathique où il se livre sur son enfance difficile, son manque de confiance en soi, sa timidité maladive, sa mama italienne envahissante, son désir d’enfant pour donner un sens à sa vie ou son regard acide sur sa psy et autre coach en tous genre… Dans ce registre, il frappe plutôt juste et avec force, mauvais goût et  humour noir voire très noir, on rit de bon cœur, car les mots  sont justes et l’émotion et la sincérité affleurent. Même chose, quand il fait le « point sur l’actu », où ses remarques piquantes toutes de malice et d’ironie douce-amère tombent avec à-propos, on pense bien sûr à Guy Bedos dans le même répertoire. À plusieurs reprises, il se lancera aussi dans des parodies d’opéra ou de comédie musicale avec sa voix suraigüe de fausset, «d’ultra-sons» comme il la définit lui-même, et ces moments sont vraiment très réussis, les meilleurs probablement tant par l’écriture que le rythme. Par contre, il y un autre répertoire nettement plus sujet à caution, tout en gesticulations et vocabulaire vulgaire, bas du front et dessous de la ceinture, où il se laisse aller à la facilité avec des remarques douteuses, sur les Roms ou les musulmans par exemple, dont on n’est pas vraiment sûr qu’il faille les prendre au second degré – or ce sont celles qui lui attirent le plus d’applaudissements…                                                                  Pour résumer un tel one man show,  il est clair que Willy Rovelli se donne à fond sans se ménager pendant plus d’une heure et demie et que, sous sa carapace de ludion imprévisible et survitaminé percent des accents iconoclastes qui ne demandent qu’à être affinés, il lui reste cependant aussi à se débarrasser de certains tics de langage comme « j‘te jure que c’est vrai » et autres réflexions par trop ambiguës.

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