Pékin express

imagesC’est un voyage long et douloureux que celui de cette infirmière débonnaire, laquelle se trouve confrontée brutalement à l’inimaginable. Son fils unique, avec qui elle n’entretenait plus que de  lointains rapports, dûs entre autres à l’incompatibilité d’humeur avec le père, est décédé en Chine. Elle décide de se rendre alors sur place, seule pour rapatrier le corps. Bien sûr, elle ne parle pas la langue, ne connait absolument rien des mœurs et coutumes de ce fin fond du Sichuan si célèbre pour abriter les réserves des mythiques pandas, de ce village où il s’était installé, de son réseau d’amis et connaissances … de sa vie. Cette longue odyssée ponctuée de tracasseries administratives est autant la découverte d’une nouvelle culture -à laquelle elle était totalement étrangère-, de paysages merveilleusement photographiés, d’un mode de vie qui hésite entre modernisme économique et traditions séculaires, qu’une introspection intérieure toute en nuances. Le deuil et la peine indicibles pour elle, les petites attentions des gens qu’elle rencontre, tout ce cérémonial asiatique, du thé, d’un mariage ou des funérailles par exemple, autant d’étapes toutes d’humilité et de délicatesse pour Yolande Moreau qui incarne le rôle avec une puissance solaire. Engoncée dans un manteau rouge sans âge, avec toujours à la main cette valise qui l’encombre plus qu’autre chose, démarche lourde et presque pataude, elle est en permanence sur le fil de l’émotion. Souvent silencieuse ou hébétée, quelquefois plus loquace, elle exprime avec conviction via ses non-dits ou ses paroles parcimonieuses, l’incompréhension absolue, le doute qui ronge, la culpabilité qui hante, cette détresse insondable, autant de facettes de l’âme humaine face à un destin funèbre. « Voyage en Chine » ce premier long métrage de Zoltan Mayer, c’est d’abord de la pudeur et du respect pour tous ses personnages, chacun replié dans sa souffrance muette, cette solitude mortifère dont il faut s’accommoder…                                   Un film bouleversant de sincérité, tout en retenue et en spiritualité, entre ascétisme stoïcien et philosophie zen.

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