Caplet-rait-il à tous?

08_HM_28MARS15C’est en effet autour de la « Suite persane » de ce compositeur français, André Caplet, qu’était bâtie l’Heure musicale de ce  samedi à la Chapelle Royale. La question n’est pas anodine quand on se souvient que deux municipalités, une dans le Var et une autre en Moselle viennent de déclarer non grata la danse orientale, ou que d’autres veulent supprimer les menus alternatifs dans les cantines. Pas sûr que cet auteur aurait droit de cité en ces lieux, lui dont Claude Debussy ne tarissait pas d’éloges et vantait les qualités : «  Ce Caplet est un artiste. Il sait trouver l’atmosphère sonore et, avec une jolie sensibilité, a le sens des proportions… ». En préambule à cette pièce écrite pour double quintette à vent proposée par les professeurs du Conservatoire de l’Aveyron, fut lu avec ferveur un extrait des « Lettres persanes » de Montesquieu, un texte qui risquait la censure à tout moment  tant il critiquait avec véhémence les mœurs de cette époque et où, entre autres choses, il met à l’honneur le fait de « vivre en bon citoyen ». Le vivre ensemble sans aucun communautarisme, la nécessité de cohésion sociale, le respect mutuel et la solidarité, sont des valeurs directement héritées de ce  philosophe des Lumières. Cette pièce en trois mouvements sonne dès le début « d’esprit oriental », toute en nuances satinées d’encens et de miel, et l’enthousiasme des dix interprètes autant que leur énergie emportaient de plaisir le public ravi, lequel applaudissait longuement. Un moment réellement superbe d’émotions et de passions partagées. C’était le point d’orgue d’un concert qui  avait mis à l’honneur en différentes formations, trio, sextuor ou octuor, les  flûtes, hautbois, clarinettes, bassons et autres saxophones avec notamment une sonate de Telemann ou un divertimento de Gordon Jacob entre allégresse et désenchantement. Si, selon un adage populaire « la musique adoucit les mœurs », là, d’évidence, elle transmettait un message d’espoir: une main tendue toute d’humanité et de tolérance, synonyme d’ouverture aux autres.  Un moment hautement symbolique et réconfortant.   Prochain rendez-vous le samedi 11 avril, même heure, même endroit, avec le Magnificat de Carl Philipp Emanuel Bach à l’occasion du tricentenaire de sa naissance.

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Un commentaire pour Caplet-rait-il à tous?

  1. le brazidec dit :

    Thank you very much, Archie ! Very good article !!!

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