Valse avec Staline

téléchargementDe la bande dessinée mise en images et en musiques, voilà le pari audacieux que proposait hier la M.J.C. de Rodez. « Le tour de valse » au début, c’est un album publié dans la collection Aire Libre chez Dupuis, une série exceptionnelle qui sait, au travers du 9éme art, revisiter l’actualité historique, politique et sociale un peu partout dans le monde. Éclairer des pages oubliées ou méconnues de la mémoire collective pour les rendre accessibles au plus grand nombre voilà ce qui est l’esprit et l’identité de ces B.D. le plus souvent remarquables. Dessiné par Ruben Pellejero, sur un scénario de Denis Lapière, on plonge dans les années de terreur de l’époque de Staline avec ses goulags de sinistre mémoire, les « Zeks » , ces ennemis du peuple envoyés dans les camps sous des inculpations aussi ridicules que grotesques comme «  « admiration de technologie étrangère …», toutes définies comme: « activités antirévolutionnaires » sic ! En quelques  décennies, 18 millions de personnes y seront ainsi internés. C’est une histoire d’amour tragique dans les méandres de l’URSS post seconde guerre mondiale, où les dénonciations crapuleuses alimentent de main d’œuvre gratuite via ces camps, les grands  travaux de reconstruction  nécessaire, qui est au cœur de l’intrigue. Tout l’intérêt de ce B.D. / concert scénographié, au pied d’un mirador dont les projecteurs de temps à autre balaient l’espace, et réplique identique de celui de la couverture du livre, avec deux musiciens en live sur scène, au violon ou aux synthétiseurs notamment, c’est d’ajouter une dimension supplémentaire pour sublimer les dessins. Ceux-ci recadrés, mis en perspective, avec force zooms, fondu enchaînés ou gros plans, soutenus par une partition très complémentaire gagnent en dimension dramatique et en puissance évocatrice. Les couleurs froides et glacées contrastent avec les moments plus intimes dans des tons ocre,  et l’atmosphère musicale en parfaite adéquation rythme ce récit aussi épique  que passionné. Ce spectacle tout d’intelligence et de finesse où la fiction prolonge la réalité, explore aussi les rapports très étroits et souvent complexes qui relient la bande dessinée et le cinéma, surtout d’animation. Un modèle du genre.

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