Faux espoir

téléchargement« Le moins cher pour l’Europe c’est la route … mais tu dois affronter le Sahara », c’est par ces quelques mots en surimpression que s’ouvre le film de Boris Lojkine « Hope », du nom de l’héroïne principale, ce qui résume parfaitement la tache surhumaine qui attend les candidats à l’émigration. Lui est camerounais, elle est nigériane, et c’est aux portes de Tamanrasset, en plein désert, qu’ils se sont rencontrés. Et le chemin est encore long pour essayer de rejoindre Melilla, cette enclave espagnole au cœur de l’Afrique qui leur ouvrirait, pensent-ils, les portes d’un hypothétique Eldorado. C’est leur odyssée aussi dangereuse que chaotique que l’on suit pas à pas, cet univers trouble et en marge où règnent escrocs notoires, maffieux sans scrupule et autres trafiquants de tous poils. Toujours payer, en espèces ou en nature,  pour survivre ou avancer dans cette quête interminable, ou chacun est à tout moment victime de rackets, d‘intimidations, de violences ou de viols. Les réfugiés sont ballotés de ghettos en ghettos selon des règles incroyablement strictes dictées par des caïds plus barbares les uns que les autres, pour lesquels ils ne sont que de vulgaires marchandises susceptibles de rapporter d’immenses profits. Parqués selon leur nationalité ou  leur sexe, ils sont toujours l’objet de transactions douteuses et sont quasiment réduits en esclavage ou mis sur le trottoir … Si cette histoire n’est hélas pas nouvelle, et l’actualité des naufrages en Méditerranée ou des survivants qui échouent  à Lampedusa par exemple ne nous le rappelle que trop souvent, l’intérêt de cette fiction particulièrement bien documentée est de nous plonger au cœur de ces microcosmes institutionnalisés devenus passages obligés de non droit, où le pire est toujours possible. Tourné avec des vrais migrants qui ont mis en commun leurs expériences et souvenirs parmi les plus douloureux, avec leur  propres mots, du sabir multiforme de survie où le broken english côtoie l’argot de l’Afrique francophone, c’est à un récit aussi révoltant que poignant que l’on assiste. Terriblement impuissant.                     À noter que ce film bouleversant toujours à l’affiche a reçu le soutien d’Amnesty International.

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