Passions unies

téléchargementLe public était venu nombreux hier en fin d’après-midi à La Baleine pour le spectacle intitulé « Kudu- the music and dance project » , une création née de la rencontre entre le chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma et le quartet de jazz suisse d’Erik Truffaz. Une double approche culturelle autant que politique entre d’une part la soif de démocratie de la nation arc-en-ciel encore profondément marquée par la politique de l’apartheid et de l’autre la tradition de la neutralité helvétique. Deux univers totalement distincts qui se croisent, se complètent et s’interpellent pour offrir une œuvre mixte toute de sonorités ouatées de quatre musiciens sereins en symbiose parfaite avec l’énergie contagieuse et enfiévrée de huit danseurs qui se démènent. Un élément hautement symbolique relie les deux ensembles complices: un totem,  à la fois corne d’abondance, animal emblématique d’Afrique, joug de travail, shofar prophétique ou même  instrument de torture. Tout est bâti autour de  lui, du pouvoir qu’il confère ou que l’on convoite, de la puissance idéologique qu’on lui attribue…Trait d’union entre les danses initiatiques ou sacrificielles, chorégraphie de groupe ou démonstration en solo, farandole désarticulée ou invocation vaudou, de ses vertus guerrières ou au contraire réconciliatrices, l’harmonie gestuelle de la troupe n’a d’égale que la connivence de l’orchestre. Seuls quelques cris stridents ou bruitages plus informes rompent de temps à autre cette harmonie. Aux  codes du jazz, avec sa tradition de mettre en valeur tour à tour chaque instrumentiste, répondent des moments qui permettent individuellement à chaque membre de la troupe de briller mais comme point d’orgue d’enchaînements collectifs. Les déhanchés suggestifs tout de séduction se dissolvent en spasmes orgasmiques, des frappés de mains ou de pieds frénétiques, lesquels évoquent inévitablement Johnny Clegg et Savuka, aux envolées convulsives presque en transes, tout se conjugue pour nous emporte dans un univers de passions charnelles, de sensualité diffuse et de corps en fusion. Les danseurs tous blacks et filiformes finiront leur prestation ruisselant de sueur, leur fougue vitale se mêlant jusqu’au paroxysme avec les volutes sonores des musiciens blancs.             Un spectacle haut en couleurs, tout de générosité et de fraternité humaines qui a enchanté les spectateurs conquis.

 

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