Ébouriffantes

téléchargement (1)Elles étaient déjà venues il y a quelques années sur la grande scène de l’Estivada et le public avait découvert l’humour, l’impertinence et la gouaille espiègle de La Mal Coiffée, un groupe de cinq jeunes femmes venues du Minervois. Marie, Myriam, Hélène, Karine et Laetitia, cinq voix très différentes mais qui se complètent à merveille pour des harmonies polyphoniques stupéfiantes lesquelles nous plongent au cœur de l’Occitanie, ses légendes et sa fierté, sa mémoire et ses racines. C’est aussi émouvant qu’ensorcelé, ancré dans l’humanité d’un pays riche d’histoire et de fraternité. Elles étaient samedi soir à Sébazac sur la scène de La Doline, une salle adéquate  pour ce genre de concert, bonne acoustique, cosy et conviviale, invitées conjointement par la Mission départementale de la Culture et L’Institut d’Études Occitanes de l’Aveyron. Elles venaient présenter « l’Embelinaire », leur version musicale de poèmes de deux grands noms de la littérature languedocienne, Jean-Marie Petit et Léon Cordes. Des textes qui «  révèlent le sens d’un territoire, sa magie et ses mystères », la beauté des vignes et le charme du quotidien, le bonheur des rencontres, l’élégance des uns ou  la gourmandise des autres, et le charme opère totalement. Juste soutenues par une grosse caisse voire de temps en temps, un bendir, un tambourin ou des mini cymbales orientales, c’est un festival de mélopées sensuelles ou coquines d’un féminisme de bon aloi, d’incantations toutes en volutes vaporeuses particulièrement séduisantes. Iconoclastes au besoin quand un Christ descend de sa croix pour vagabonder tout de rouge vêtu dans une fête foraine avec des enfants, capables de faire passer le pan bagnat comme un repère de la gastronomie ou le pucelage tardif comme une erreur de la nature… c’est dire si l’on se délecte de cette  vitalité éclatante et de ces moments de grâce subtile, des  plaisirs distillés à l’envi que l’on se plait à partager. Ces chants polyphoniques somptueux se transcendent de bonne humeur et de malice et font de ce  concert qui ne coupe pas les cheveux en quatre une symphonie aussi échevelée que résolument décoiffante.                                                                                            Ce C.D., leur quatrième, est distribué par le label indépendant Sirventès.

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