Les L du plaisir

05_HM_17JAN15Elles s’appellent Lucile Capelle et Léa Galmiche, sont deux copines qui jouent du piano depuis des années et sont actuellement en 3ème cycle au conservatoire de Musique de l’Aveyron. C’étaient à elles deux qu’était offerte la carte blanche ce samedi après-midi, sous le regard débonnaire de leur professeur Ann Conoir pour un concert à  la Chapelle Royale intitulé « Jeunes talents », lequel portait vraiment bien son nom. D’abord du classique avec Brahms, Bartók ou Mozart, pour un répertoire à quatre mains voire à huit, avec deux autres élèves, c’est enlevé, tout en nuances et trémolos, de l’énergie à revendre, du punch maîtrisé, du rythme, les mains virevoltantes, toujours le sourire aux lèvres et pratiquement sans partition. On y trouve des tonalités tziganes vagabondes, des harmonies qui explosent ou de la douceur plus feutrée, c’est du travail léché et remarquable qui donne le tempo. Nickel. Mais le meilleur restait à venir. Tout d’abord « Le bœuf sur le toit » de Darius Milhaud, un modèle de malice déjantée, avec ses personnages hauts en couleurs, tout en ironie farfelue et trépidante. De la musique qui dépote littéralement où les accords se superposent pour des figures de style aussi délirantes que l’histoire qu’elle accompagne. Si vous ajoutez en plus, projetés sur un écran en fond de scène, des cartons façon cinéma muet qui explicitent ce scénario invraisemblable, des illustrations du même esprit d’Anne Bessières, vous plongez dans l’atmosphère très Années Folles, l’époque d’une effervescence culturelle qui faisait de Paris le haut lieu des arts et du spectacle. Les pianistes se font plaisir, lequel se  diffuse  à haute dose pour le public qui chavire. Elles rivalisent autant de  complicité tumultueuse que de fantaisie contagieuse, c’est un cocktail survolté de burlesque foutraque mais très abouti et de sonorités exubérantes pour un joyeux capharnaüm tout de vitalité. Pour conclure et définitivement sortir le piano de la gangue trop policée « des salles de concerts classiques », du ragtime et du meilleur avec «  Mapple Leaf Rag » signé Scott Joplin, ce compositeur insuffisamment reconnu de son vivant. Toux ceux qui ont vu et revu « L’Arnaque » avec Redford et Newman gardent forcément un souvenir mémorable de ce type de musique aussi envoûtante que  délicieuse.                                                                         Un grand bravo aux artistes pour cette heure musicale à marquer d’une pierre blanche, probablement une des meilleures depuis longtemps.                                                                 On peut revoir ce spectacle dimanche 18 janvier à Camarés, salle du Temple à 17 heures

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2 commentaires pour Les L du plaisir

  1. simone capelle dit :

    Merci beaucoup pour « Elles » c’est l’aboutissement d’un travail de six mois de répétitions et c’est vrai que le résultat étais superbe, autant à Rodez qu’a Camarés. Une maman qui est fière de sa fille .

  2. Roux dit :

    J’ai vu et entendu, L sont formidables!
    Félicitations aussi à l’auteur de l’article on s’y croirait!
    Un modeste templier.

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