Illusions perdues

afficheace-affUne résidence de création d’une semaine pour la compagnie « Les enfants terribles » afin de préparer leur prochain spectacle, lequel sera donné en ouverture au Festival de théâtre amateur, Premier acte sixième édition, au printemps prochain. Au programme de cette  » générale » en présence de l’auteur, une pièce de Christian Siméon  intitulée « Carapaces ou le Mentaliste amoureux » dans une mise en scène de Vincent Messager, un combo de deux textes précédents où apparaissent une héroïne vampirique et un mage réputé, supposé particulièrement brillant pour s’immiscer dans la vie d’autrui. Sauf que celui-ci est singulièrement vulnérable, vu qu’il sort d’une histoire d’amour très douloureuse dont il ne s’est pas encore totalement remis. Hanté par cette maîtresse qui l’obsède et littéralement le possède, il est paradoxalement d’autant plus à l’aise pour dévoiler l’intime des autres qu’il se refuse à toute  introspection. Cette angoisse quasi existentielle, ce deuil qu’il n’a jamais su faire, il les noie dans la boisson à outrance, dans des rêves qui virent cauchemars, dans ses doutes et ses fantasmes. Vêtu d’une longue cape blanche et d’un masque qui lui mange la moitié du visage, et pour cause, lors d’une tentative de suicide antérieure il y a laissé un œil, il entraîne dans son délire des spectateurs présents dans la salle, lesquels, souvent malgré eux, se retrouvent à explorer des méandres inconnus de leurs personnalités, mais peinent à fendre leurs carapaces. Une histoire de visions où flottent  la libido  féminine « dérangeante et mortifère », le désir destructeur « obscur et lumineux » et d’autres variations sur la passion inavouée ou inaboutie, indissociables Éros et Thanatos. Un décor fait de longs voiles blancs tendus du sol au plafond et un espace scénique très réduit où se concentre l’essentiel de l’intrigue comme un radeau de la méduse dérivant dans le tumulte sentimental et psychologique des principaux personnages dévorés de solitude vénéneuse ou anéantis de regrets. Le blanc comme couleur principale des costumes, mais pas un blanc d’innocence et de chasteté, non le blanc du yin et du yang, funeste autant que rédempteur, donne une tonalité quasi spectrale à cette « love story » cruelle et déstabilisante. Les comédiens sont très homogènes et à l’aise dans ces rôles difficiles mais le texte qui empile allitérations ou contrepèteries n’est pas vraiment convaincant et l’on a du mal à se laisser embarquer…      Mi-escroc, mi-fanfaron, ce mage manque d’étoffe, celle des héros ou des rois… dommage.

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