Habemus papam

téléchargementC’est en effet ce qu’aurait pu dire, avec un mélange de respect et d’admiration, nombre des compositeurs du XXème siècle qui étaient à l’honneur hier soir à La Baleine avec le concert intitulé « Des Américains à Paris ». Le sous-titre « A tribute to Nadia Boulanger » est on ne peut plus explicite, lequel insiste sur l’ extrême influence de celle qui œuvra au Conservatoire américain de Fontainebleau pendant près de 60 ans et dont les élèves illustres ne se comptent plus. C’était donc à la fois un hommage à une personnalité qui a marqué son temps mais aussi, et peut être surtout, l’occasion de proposer un spectacle volontiers inclassable, tant il détonne par les styles très contrastés des œuvres de certains de ses disciples. Sous la houlette du chef Joël Suhubiette, œil pétillant et malicieux, les dix-neuf chanteurs du Chœur de chambre « Les Éléments », robes de soirées pour elles, costumes de clergymen stricts pour eux, vont dans la première partie surtout proposer a capella des morceaux qui relèvent de la musique sacrée, des chœurs façon psaumes ou cantiques tout de liturgie latine qu’on imaginerait issus d’un conclave, et d’autres pièces profanes et beaucoup plus enlevées, dont certaines en anglais médiéval dépoussiéraient un peu le répertoire…C’était de la musique chorale très aboutie et mélodieuse mais peut-être un peu trop classique. Heureusement, cela n’allait pas durer, car la seconde partie qui mettait à l’honneur Steve Reich et  Philip Glass avec des épures minimalistes ou répétitives permettait tant au chef qu’aux interprètes de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ces variations toutes de fantaisie et de démesure, éclairées de touches subtiles de percussion, de frappés dans les mains désynchronisés ou de psalmodies qui s’étirent toujours plus, se dissolvaient dans une atmosphère sonore chimérique, un opéra évanescent qui nimbait le public d’irréalité lumineuse.                            Que ce même concert aussi symbolique qu’insolite, inventif et qui fait la part belle aux découvertes en tous genres soit redonné à l’identique ce soir de Journée Internationale des Droits de l’Homme à Toulouse, en l’honneur du Prix Nobel local d’économie Jean Tirole en dit long sur sa qualité. Mais aussi en filigrane sur la superpuissance de l’Oncle Sam, excès de pouvoir de la CIA compris.

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