Et plus si affinités…

téléchargement (2)Dernière pièce de théâtre dans le cadre de Novado. Au programme, proposé par la Compagnie du Dagor« Chercher le garçon »  lequel titre  fait bien évidemment référence au tube de 1980 de Taxi Girl, l’esthétique romantique écorchée en exergue. C’est une histoire d’enfermement que symbolise l’omniprésence de grilles grand format derrière lesquelles se réfugier, s’abriter ou se mettre en retrait du monde extérieur dont on se sent incompris et exclu. Deux jeunes gens qui n’ont pas grand-chose en commun vont se rencontrer,  apprendre à se reconnaître et s’apprivoiser pour finalement se perdre de façon tragique. L’un est un lycéen anonyme et taciturne qui vit avec une maman très effacée et de peu d’autorité. Le second en rupture avec la société, a fait d’une  chaufferie son refuge, il est en cavale fuyant l’institution qui essaie de l’aider vaille que vaille. Il survit d’un petit boulot chez une fleuriste, cougar paumée, la quarantaine dévorée de solitude. De leur double mal-être existentiel, social ou sexuel, ils voudraient faire une force pour bâtir un hypothétique avenir commun forcément prometteur. Ils rêvent d’un ailleurs à atteindre, plus évanescent que réellement désiré. Cette quête fantasmatique se doublera d’un cheminement intérieur qui les révèlera autant à chacun que l’un à l’autre… Sauf que cela ne fonctionne pas vraiment, bien que les comédiens  mettent beaucoup de conviction à défendre et à faire exister leurs personnages, mais parce que le texte laisse une impression de superficielle froideur, une urgence à exister qui semble avoir, au moins en partie, du mal à s’exprimer. Les non-dits étouffants qui vampirisent ce récit chaotique, poisseux et glauque sont soulignés par une mise en scène qui fait dans le conceptuel abstrait volontairement sans aucun décor. Ce que ce choix souligne de l’aridité et de l’amertume des situations  manque d’empathie et laisse le spectateur un peu perplexe. On passe ainsi paradoxalement à côté de l’ambiguïté et de la complexité d’individus dont on ne saisit qu’incomplètement aussi bien ce qui les magnétise que ce qui les repousse. Les passions impossibles ou contradictoires peinent à prendre chair et le spectre fantomatique de la toute fin ne saurait suffire à nous hanter.

 

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