Pension de famille

imagesLe décor paisible d’un petit hôtel familial sans prétention avec vue sur les Alpes majestueuses; au fronton, fièrement éclairées quatre étoiles qui  rassurent la clientèle et même une source d’eau supposée particulièrement bénéfique.  Il est tenu par une petite dame rabougrie et voûtée mais à la canne leste qui compte pour l’épauler sur ses deux enfants, lesquels se chamaillent volontiers: le fils plutôt ahuri et introverti dont le cœur de célibataire est toujours à prendre, et sa sœur, cocotte un peu frivole toujours tirée à quatre épingles…et toute la famille de se prosterner régulièrement devant la figure tutélaire du patriarche portraituré. Il y a aussi deux employés: un cuistot franchement patibulaire, le tablier toujours maculé de sang, lequel joue du hachoir ou de la scie sur tout ce qui bouge (ou pas), et une femme de ménage kleptomane invétérée qui dévalise chacun à tout va. Bienvenue à « L’Hôtel Paradiso », du genre presque aussi inquiétant que celui de « Shining ». Se croiseront aussi dans cet établissement bizarre une kyrielle d’individus haut en couleurs, notamment des clients de toutes origines, un cambrioleur de haut vol poursuivi par deux pandores, un gourou oriental ou un inspecteur du Guide Michelin … Tous ces personnages qui  ne prononceront pas un seul mot tout au long de la pièce portent un masque un peu surdimensionné et très expressif, lequel capte tous les regards tant chacun semble étrangement vibrant de tous ses sentiments et émotions , des miroirs amplifiant de leurs états d’âme comme de leurs désirs intimes. De vieux 45 tours tout en nostalgie cotonneuse, des pas de danse aériens , de l’expression corporelle et des postures extravagantes, entre le baroque des clowns et le talent d’improvisation…il y a du burlesque et du grand guignol décalé, beaucoup d’humour noir dont nombre de cadavres encombrants, des inspirations toute de panache ou de la  poésie visuelle, tout pour composer ce spectacle inclassable, un ovni scénique qui rebondit en permanence de surprise en surprise. La curiosité aiguisée et le sourire aux bords des lèvres sont les ingrédients de cette histoire aux multiples rebondissements y compris par un post-scriptum musical impromptu au-delà du dénouement délicieusement ambigu.Ce spectacle de la compagnie La Familie Flötz(dingue) conjugue l’insolite et le rafraîchissant, l’inventif et le plus grinçant pour emporter l’adhésion inconditionnelle  du public conquis.

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