Voisins, mode d’emploi

téléchargementC’était hier la première de « Quand le silence s’endort », une pièce de commande écrite par Georges Melloul. C’est une enquête à large échelle initiée par la C.L.C.V., une organisation de consommateurs, intitulée « Entre voisins, écoutons-nous » qui est la genèse de ce projet. La compilation attentive des résultats  et des attentes exprimées trouve ainsi un prolongement théâtral inattendu. Les comédiens amateurs de l’atelier de la M.J.C. d’Onet  ont été aussi  mis à contribution. Le résultat est là: une histoire actuelle située dans une résidence aux multiples occupants, lesquels ne font pas que se croiser dans les couloirs ou devant les boîtes aux lettres et doivent apprendre à cohabiter sans préjugés, en bonne intelligence et la tolérance au cœur. Du vieux paysan retraité et ronchon à la fofolle d’un autre âge complètement évaporée, du jeune couple métissé aux amours fougueuses au prof de piano un peu hautain, du banquier à la sexualité refoulée à la jeune handicapée émouvante, de l’enseignant qui ne jure que pédagogie à la femme au foyer, c’est une galerie de portraits non exhaustive qui nous est présentée. Le risque était que ce ne soit que cela, une longue litanie de situations toutes plus convenues les unes que les autres, une caricature toute de  superficialité et de lieux communs, des brèves de comptoir version rancœur, hypocrisie et faux-semblants. On est au contraire agréablement surpris par le ton enjoué adopté et maintenu pendant toute la représentation. À la gouaille de l’un  répond la timidité maladive d’un autre, la suffisance fait écho à la générosité, la spontanéité rebondit en chaleur humaine et tous conjuguent bonne humeur et complicité contagieuse  pour le plus grand plaisir du public. La mise en scène de Chloé Nortier  qui s’appuie aussi sur des moments de danse sans prétention et des parodies de chansons populaires très enlevées donne le rythme de ce spectacle. Les acteurs qui le défendent avec conviction emportent l’adhésion du spectateur, ce qui permet de passer une soirée bien sympathique. Un bémol de taille toutefois: le Centre social de la ville n’est pas du tout une salle adaptée pour le théâtre, visibilité réduite et aucune plongée sur la scène. C ’est d’autant plus dommage pour « Tout à Chant G » le nom tout en sous-entendus pris pour l’occasion par ces comédiens, en référence notamment aux prénoms de leurs personnages qui tous commencent par cette même lettre.                                                      Ils seront « en tournée »  dans le département jusqu’en mars prochain.

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