Le complexe du homard

imagesNouveau rendez-vous pour Novado avec une M.J.C. pleine à craquer, essentiellement des jeunes, venus pour une pièce miroir « Appels entrants illimités », sur les affres de l’adolescence fragile, inquiétudes, doutes et interrogations bien compris… Trois colocataires se retrouvent dans leur pièce commune a papoter, échanger, se confronter. Un mobilier qui se résume à un frigo, la poubelle posée juste à côté, et à l’autre bout une table et des chaises, au milieu trois portes symboliques réduites au maximum lesquelles distribuent sur leur chambre, leur espace intime et privé. Et surdimensionnée la porte qui ouvre sur l’extérieur, une porte que l’on n’ouvre qu’avec une infinie précaution tant ce long tunnel inquiétant à la lumière aveuglante métamorphose  celui ou celle qui ose s’y aventurer, ce monde qu’ils essaient autant de fuir que de se protéger de peur d’en être les victimes fussent-elles à l’insu de leur plein gré, un univers redouté autant que fascinant… Il y a celui qui ne cesse de délivrer des prophéties apocalyptiques à l’abri de son journal, celle qui se dissimule derrière des  déguisements complets de caribou, de grizzli, de poisson autant de mues potentielles, et celle qui est une éternelle blessée de l’amour, dont elle porte les stigmates : minerve, béquilles et autres attelles…C’est dire si on est dans la symbolique très appuyée pour masquer un texte qui hésite entre naïveté consensuelle, aphorismes saugrenus, philosophie de comptoir et autres variations métaphysiques sur « la force révolutionnaire de l’amour » et autres… Où un extraterrestre qui cite la Guerre des étoiles sert autant d’exutoire que de délire existentiel. De ces situations toujours en équilibre instable, de ces dialogues entre surréalisme et logique absurde, les trois jeunes comédiens réussissent à s’extirper pour en donner une interprétation très convaincante, laquelle peut trouver un écho ou une résonance chez certains, chez d’autres cela n’évoquera guère qu’une vague nostalgie. Clichés pour les uns, véritables ressentis pour d’autres, cette  pièce de David Paquet par le Théâtre du Clou venu du Québec laisse une impression étrange, diffuse et mitigée, celle d’une réalité opaque à peine effleurée…  Allô, non mais allô quoi !

 

Cet article, publié dans Théâtre, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s