Honte des neiges

téléchargementUne histoire somme toute banale, un fait divers terrible et authentique qui date de l’hiver 1986 dont François Lavallée fut un témoin involontaire, qu’il a retranscrit et qu’il joue en solo, voilà la trame de la pièce proposée aux élèves de 4ème dans le cadre de l’opération Théâtre au Collège, une des rares initiatives du Conseil Général de l’Aveyron dans le domaine de l’action culturelle. Au programme «  Les Autres » un spectacle québécois pour lancer aussi la première édition du Festival Novado. Cette  histoire de mal-être en milieu scolaire, entre indifférence et  harcèlement, au sein d’une classe, puisée dans «  les ressacs de souvenirs » de l’auteur, avec cap sur l’enfance, est bercée par les longs hivers, le hockey avec les copains, mais aussi les premières émotions intimes. Dans ce groupe où l’insouciance et la soif de vivre devaient être la règle, l’un d’entre eux ne se sent jamais à sa place. Incompris ou ignoré, moqué ou raillé, son chemin ne croise que rarement celui des autres, lesquels « sont son malheur ». L’auteur/acteur lui-même qui esquisse pourtant un début d’amitié n’ira pas à l’époque jusqu’au bout de sa démarche. Dans un décor a minima avec une simple chaise posée sur un tapis ondulé, il vit la mémoire de ce moment tragique avec beaucoup d’intensité. Il joue de cette neige indissociable de l’imaginaire du  Canada, « quand l’hiver montre patte blanche », et fait de cette  poudreuse toute cotonneuse, un personnage à part entière, laquelle sera tout à tour immaculée, transparente, source de joie ou futur linceul. Cet élément constamment variable en texture, en épaisseur, en température, symbolise bien la thématique de ce récit, où la  légèreté ou la volatilité d’un instant peut faire écho à d’autres beaucoup plus graves et douloureux. Un conte parsemé d’expressions fleuries de la Belle Province pour installer une atmosphère à la fois universelle par sa philosophie sur la psychologie d’un groupe qui broie, rejette la différence, auquel on adhère  ou pas, mais joue aussi sur la spécificité de cet environnement québécois. De tout cela, surgissent des ressentis très ambivalents sur l’intimidation, la lâcheté ou la culpabilité, un mélange contradictoire de  sincérité et de candeur juvéniles mais aussi l’ombre de l’abandon, du renoncement, de l’irresponsabilité ou de la fuite…toutes les facettes complexes de l’adolescence.                                                                                                                                             Cette pièce tout public sera encore à l’affiche  vendredi 14 novembre prochain à la M.J.C. à 20 heures 30.

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