Hantés de Chine

téléchargement (2)Hier la médiathèque présentait «  140 000 Chinois pour la Grande Guerre » un film d’Olivier Guiton produit par Arte qui met l’accent sur un aspect méconnu de cette période à savoir comment furent recrutés pour les besoins de l’industrie tant de Chinois pour pallier le manque de main d’œuvre du à la mobilisation générale. Supposés « sobres, robustes et dociles », munis d’un contrat de travail et non de combattant, ils embarquèrent à Shanghai pour se retrouver deux mois plus tard à Marseille avant d’être dispatchés dans les différentes usines notamment d’armement. Ce film s’ouvre sur le cimetière de Nolette dans la commune de Noyelles-sur-Mer dans la Somme, là où sont alignées les tombes de ces coolies, lesquels étaient encadrés par l’armée britannique et dont, in fine, certains ont été envoyés au front notamment pour creuser des tranchées ou récupérer les victimes sur les champs de batailles. Parqués dans un camp à l’écart, beaucoup mourront du choléra ou de la grippe espagnole, d’autres seront renvoyés dans leur pays en 1919, certains s’établiront sur notre territoire pour ce qui sera une des premières immigrations chinoises en France. Dans ce documentaire proposé par le Collectif pour les Réfugiés et Amnesty International dans le cadre de Regards sur l’exil, aux images d’archive en noir et blanc ou aux lettres retrouvées se mêlent les témoignages actuels des descendants de ces exilés et tous évoquent le racisme dont leurs parents ou eux-mêmes furent victimes : « le village sent le chinois » … « les mikados » … aussi édifiant que terriblement poignant, une plongée dans des destins individuels qui recoupent la grande Histoire. Le dernier de ces « Poilus » volontairement occultés a disparu en 1997, mais dans la région leurs souvenirs perdurent dans la mémoire collective bien au-delà de ces 849 stèles en marbre blanc marquées d’idéogrammes. Ce film leur donne vie et illustre avec pudeur une difficile équation: la nostalgie du pays face à  la justification de l’exil. Une dialectique terriblement actuelle.                                                         Cette projection servait autant de préambule entre le traditionnel mois du doc de novembre et l’exposition sur la Grande Guerre visible dans les locaux de la médiathèque que de trait d’union avec Cap sur la Chine,une manifestation qui donnera l’opportunité de voir en version originale trois longs métrages récents de ce pays prochainement à Cap Cinéma.

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