Côté cours, côté gadins

mort_de_danton-jaq Le film présenté hier soir à la médiathèque de Rodez s’ inscrit dans le cadre du Festival NovAdo lequel se déroulera dans la deuxième quinzaine de novembre sur le chef-lieu. C’est  un projet artistique et éducatif qui se déclinera sous de multiples formes, l’occasion de valoriser des œuvres pour ce public spécifique que sont les adolescents, mais aussi plus largement pour tous ceux qui s’intéressent aux enjeux de la création culturelle, un programme estampillé au niveau national sous le nom de « La belle saison ».  En préambule ce documentaire d’Alice Diop intitulé ironiquement « La mort de Danton » du nom de la pièce que l’apprenti comédien Steve n’aura jamais le plaisir de déclamer sur scène. De fait, habitant dans une cité de banlieue, ancienne petite frappe jadis impliquée dans des affaires louches, noir de peau de  surcroît, au tics de vocabulaire très ciblé, et donc bien  loin du langage normé et des références intellectuelles en vigueur, il suit depuis trois ans une formation d’acteur au cours Simon, dont la réputation de vivier de pointures du genre n’est plus à faire. La caméra le suit donc au plus près, au rythme de ses allers retours en train de banlieue entre la cité où il a grandi et où il a tous ses potes de galère et cette prestigieuse école parisienne où il peine à se faire une place au milieu de ses condisciples mais aussi vis-à-vis des profs qui ne le distribuent que dans des rôles très stéréotypés: chauffeur de Miss Daisy, inspecteur de police modèle Sydney Poitier, militant de la cause des noirs etc …  le poids des préjugés, le milieu d’origine ou la classe sociale, autant de handicaps qu’il lui faut sans cesse dépasser, de portes à franchir, de remises en questions incessantes sur ses choix, ses attentes ou ses désillusions … autant dire un inventaire plutôt amer autant sur un parcours personnel que sur le regard d’autrui.  Un « je me rassure quand je suis sur scène » fait écho au découragement ou aux doutes qui l’envahissent à intervalles réguliers. Une réflexion toute en nuances sur la confiance en soi ou les complexes intériorisés, le poids des mots ou le choc des égos, la force de conviction et le travail inlassable comme seuls facteurs pour affronter un futur incertain…                Des images justes et non juste des images.

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s