Bis repetita

téléchargementOn avait déjà eu une première version de cette messe au printemps dernier à l’église Saint- Amans et déjà sous la direction de Rolandas Muleikas. La messe en question, c’est celle de Jan Dismas Zelenka. Comme on le sait maintenant elle avait quasiment disparu pendant près de trois siècles jusqu’à ce que grâce à la ténacité de quelques musicologues passionnés, elle ne renaisse in extenso de ses cendres. Seule différence notable hier soir à la Baleine, sous le titre « Les chapelles royales en Europe » c’est l’orchestre toulousain Antiphona qui était à l’oeuvre, hic et nunc, associé pour ce concert avec les voisins de l’Orquestra Barroca Catalana, soit donc une vingtaine de musiciens et autant de choristes. Midi-Pyrénées et Catalogne unis par la musique, comme il y a quelques années  plusieurs rendez-vous impromptus dans le cadre de l’Estivada, c’est une autre idée de l’Europe qui triomphe, celle de la culture et de l’intelligence, des hommes et des idéaux. Ce que d’ailleurs le chef d’orchestre lui-même résumait très bien in fine : « Sans la musique, on ne pourrait pas imaginer de lendemain »  sic. Une partition entièrement en latin,  capable de réunir dans l’extase ad libitum, le pape François comme les tenants de l’orthodoxie ante Vatican II, les fans d’Astérix inconditionnels de l’humour décalé de Goscinny que les groupies confites en dévotion de Christine Boutin. Ipso facto, personne n’y trouverait rien  à redire. Liturgique et sacrée, baroque et flamboyante à la fois, un coté urbi et orbi très consensuel, la musique enveloppait une assistance vite conquise, rebondissant de solos feutrés en  harmonies vocales toutes de puissance, de variations mélodiques toutes en nuances en envolées plus tumultueuses. Le chef impeccable, aussi discret que rigoureux, habité par la ferveur mais tout en retenue, donnait le tempo de la soirée. La suite proposait aussi bien un compositeur peu connu Francesc Valls, dont nul ne sait s’il a une quelconque parenté avec notre Premier Ministre actuel, et aussi le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier dont tout le monde a au moins entendu le prélude tant  popularisé via l’Eurovision.                             Sic transit gloria mundi.

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