Miserere nobis

téléchargementSon nom seul résonne comme une litanie funèbre: Armida Miserere dont la vie a inspiré le film « Comme le vent » de Marco Simon Puccioni encore à l’affiche cette semaine pour quelques séances. À travers son histoire authentique c’est celle de l’Italie des années 1989 à 2003 que l’on feuillette, la lutte contre la mafia, « la pieuvre » qui assassine à tour de bras des juges comme Falcone ou Borsellino, des journalistes, des carabinieri et tant d’autres… Son compagnon, éducateur de prison très engagé dans la réinsertion des détenus par  le théâtre notamment, sera exécuté par la ’Ndrangheta, la branche calabraise, l’une des plus sanglantes de cette organisation criminelle, et, dès lors, mue par une énergie indestructible, elle, une des premières directrices de prison du pays va redoubler d’énergie, et, au gré de ses mutations successives, protégée en permanence par deux gardes du corps, dirigera successivement plusieurs établissements pénitentiaires, en particulier les plus durs, ceux dont personne ne veut. Éprise de justice, courageuse et déterminée au-delà du raisonnable, partout elle s’illustrera par son souci de ne tolérer aucun manquement à la loi. Avec elle, finis les passe-droits et autres petits arrangements: ni compromis, ni corruption, tant  pour les prisonniers que pour le personnel sous ses ordres. C’est dire si elle dérange et que l’on sent poindre très vite l’issue tragique qui se profile. Les séquences de jogging seulement accompagnée de ses deux chiens qui rythment le film, font écho à la solitude de sa fonction. Son univers se rétrécit de plus en plus. La caméra la suit ainsi dans cet univers carcéral oppressant, de couloirs en cellules, de son bureau à son appartement de fonction, le plus souvent derrière des barreaux… Cernée et traquée, combative mais désabusée, régulièrement menacée de mort, on la sent habitée et charismatique mais sombrant peu à peu. Le code pénal comme seule référence, le souci d’équité et un engagement sans faille, voilà le portait de cette femme hors du commun. Valeria Golino qui l’incarne est prodigieuse de bout en bout, aussi fragile que bouleversante.                                                                                                                                           Ce film magnifique est un hommage poignant à une personnalité remarquable dont on aperçoit, pendant le générique final, quelques photos personnelles.

Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s