Mar nostra

téléchargement (1)Pour cette troisième soirée de l’Estivada, c’est une combinaison inédite qui était à l’honneur avec deux groupes très différents. Tout d’abord « Txarango », un ensemble de catalans bondissants et frénétiques, lequel sent bon la chaleur et la moiteur sensuelles des  vieux quartiers de Barcelone. De coloration très festive et énergique, rehaussée par des cuivres qui lui donnent un faux air de mariachis déjantés, cette bande de potes fait souffler un courant de fraîcheur et d’enthousiasme. Leur musique est une fusion bouillonnante de diverses inspirations où se mêlent une certaine indolence du reggae, le dynamisme de la rumba, des accents flamboyants de ska entre autres et surtout une chaleureuse présence . Pour  séduire encore davantage le public, au milieu de leur récital, ils ont proposé une exception en français, un hommage à Georges Brassens avec « la mauvaise réputation », en version pétillante assez surprenante. Intermède ensuite ponctué des nouvelles vidéo projetées sur les deux écrans qui entourent la grande scène : un court métrage d’animation fort instructif sur l’histoire de l’assurance chômage et le régime dit des intermittents, pédagogique en diable et sans concession, mais aussi les délires jouissifs de  Detz TV, un condensé d’humour joyeux et décapant.                 téléchargement (2)Pour conclure, place à Pythéas, du nom d’un explorateur scientifique, l’un des plus importants de l’Antiquité, originaire de la cité phocéenne, qui lui fait dans un tout autre style : du dub électro-acoustique mâtiné de variations de musique orientale. Une conjugaison qui  mêle la verve d’un chanteur prolixe, casquette vissée sur la tête, les envolées du violon arabe ou de l’oud, et le côté un peu futuriste des synthétiseurs qui permettent de triturer les sons pour mieux les déformer, les prolonger d’écho en écho et autres variations, tout pour installer une atmosphère un peu vaporeuse. On retrouve les charmes voluptueux de la place Jeema el-Fna, la langueur d’un été qui s’étire et des mélopées orientales incandescentes. On embarque pour un voyage au long cours tout en chaloupé harmonieux, où la poésie occitane retentit de revendications plus actuelles sur le rôle  de l’immigration notamment.                                                           Une soirée aussi éclectique qu’inventive.

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