Tambours battants

téléchargementOn se serait bien vu les croiser à la Baleine vu le nom qu’ils portent mais vendredi en début  d’après-midi, c’était à la M.J.C. qu’ils avaient donné rendez-vous à tous ceux qui veulent profiter de l’Estivada pour découvrir toute la palette des musiques de l’Occitanie. Belouga Quartet, c’est leur nom mais rien à voir avec un quelconque cétacé, c’est juste un jeu de mots à la façon de Bénabar ou Stromae, les syllabes phonétiquement inversées d’un de leurs instruments favoris le galoubet, cette flute typique, dont ils jouent en duo avec le tambourin. Ces instruments emblématiques de la Provence, et même au-delà de nos frontières jusqu’en Piémont, ils en déclinent toutes les possibilités avec un spectacle d’une finesse incroyable. Originaires d’un peu partout dans cette vaste région, qu’ils soient de Toulon ou de la vallée du Rhône, d’Aix en Provence ou de Nice, les quatre artistes réussissent une alchimie rare de sonorités fluides, de douceur ouatée et de variations subtiles pour proposer un panorama particulièrement foisonnant. Des rythmiques très variées, des timbres différents, des envolées vaporeuses pour offrir un récital aux antipodes de ce que déversent quotidiennement les radios et autres clips. Jouant tour à tour en cascade, en miroir voire même quelquefois en solo, ils distillent un spectacle raffiné avec le rendu d’orfèvres de précision. Bien au-delà de ce que l’imaginaire associe aux percussions, leur musique rebondit de trémolos saillants en frappés harmonieux. Ils sont aux orchestres de musique urbaine qui ne jurent que décibels et sono à fond, type Tambours du Bronx, ce qu’un menuet léger à la cour du roi est au rock psychédélique hanté de métal hurlant. Tout dans la dentelle et dans la nuance, ciselée encore et toujours, voilà quelle est la recette très recherchée du concert qu’ils offrent à leur public. Ce savant mélange d’émotions contenues et de rêveries vagabondes atteint très vite des sommets. Ne pas se fier à leur allure très classe, pantalon blanc immaculé et chemise noir de jais, derrière ce côté premier de la classe, ils cachent une inventivité et une richesse de tonalités et d’harmonies qui sont extrêmement élaborées. Et comme en plus ils respirent la convivialité et la passion, c’est à un moment rare que l’on est invité.                     Contrairement au petit rosé de leur région aussi frais que gouleyant, ce spectacle est à déguster sans modération.

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