Fighting Spirit

jimmyshall Il ne manque ni de charisme, ni de convictions, ni de jugement politique Jimmy Gralton. Après dix ans d’exil à New-York où il a été témoin du krach de 1929 et de la grande dépression, il est de retour sur ses terres d’Irlande auprès de sa mère vieillissante. Et aussitôt tous les jeunes du coin viennent le voir pour le convaincre de reprendre un hangar désaffecté qui servait jadis aussi bien de dancing que de lieu de rencontres et de convivialité, quelque chose qui ressemblerait à nos maisons de la culture actuelle, où les activités sont autant d’ordre pédagogique que sportif : le dessin y côtoie la boxe, les lectures partagées le chant, et où tradition oblige, la musique et les danses y ont une large place. Très vite, bouche à oreille aidant, on s’y bouscule au grand dam de l’église ultra conservatrice de l’époque, et des gros propriétaires terriens pour qui tout cela relève de l’idéologie forcément marxiste…Il devient un homme subversif, politiquement hautement dangereux, celui qu’il faut faire taire coûte que coûte car sa popularité grandissante mettrait à mal l’alliance du pouvoir et du goupillon. Il deviendra ainsi le seul irlandais expulsé de son propre pays et ne pourra jamais y revenir. Cette histoire véridique est la trame de «Jimmy’s hall »  dernier film en date de Ken Loach, ce réalisateur que l’on se plait à retrouver tel qu’on l’aime depuis toujours.  Parler avec subtilité, délicatesse et une extrême tendresse de ces gens humbles qui sont la richesse d’une nation, de ces doux utopistes qui mêlent la générosité de leurs actions et l’enthousiasme des cœurs. Dans des paysages baignés de lumière très douce, avec des personnages hauts en couleurs qui rivalisent de chaleur humaine et magnifiques de pudeur intense, cette histoire toute de fraternité et de sincérité devient ainsi une fresque absolument splendide. Une ode revendiquée pour donner espoir à tous ceux qui croient à la force de l’intelligence sur l’obscurantisme, au bonheur de chacun grâce à l’émancipation de  tous. Un film à voir absolument, en V.O. bien sûr, pour mieux s’imprégner de ses accents de celtitude qui transcendent. Et Barry Ward dans le rôle principal est vraiment exceptionnel de justesse, un pur moment de grâce et d’authenticité.

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