Copains d’avant

téléchargementTrois anciens copains de lycée dont les vies respectives 20 ans plus tard ont totalement bifurqué. L’un bien casé, conseiller ministériel, la réussite sociale convenue ostentatoire – une femme, une maison déjà payée et deux enfants- , son opposé complet, acteur très intermittent, affectivement instable et toujours dans l’ambiguïté, entre les deux, le troisième larron divorcé et pension alimentaire, volontiers volubile mais que l’on devine fragile. Ce soir, comme ils le font régulièrement, ils se retrouvent chez l’un d’entre eux pour partager ensemble un repas, évoquer ces bons vieux souvenirs et remonter le fil du temps. Sauf que débarque une invitée inattendue, celle qu’ils ont tous convoitée à cette époque,  la miss du bahut dont ils gardent les yeux encore embués et le cœur chaviré…sa présence impromptue va délier les langues, dévoiler les petits secrets et  autres arrangements inavouables d’autant plus qu’ils vont jouer ensemble « Le jeu de la vérité », titre de cette pièce de Philippe Lellouche. Une comédie proposée par la troupe des Troubadours de Fronton qui cache bien son jeu car derrière un certain cynisme teinté d’amertume, les répliques font souvent mouche, les réparties ne manquent ni de ressenti ni de profondeur sur la place des femmes ou la différence notamment.  Dans « cette société dans laquelle on est parfaitement mal à l’aise » sic, mais dont ils s’accommodent vaille que vaille, l’accent est mis sur les limites de chacun, les fantasmes refoulés, les frustrations induites…Les dessins animés de Bambi au Roi Lion et l’idéologie qu’ils véhiculent, le narcissisme et l’usure du temps qui ronge les relations, les confidences maladroitement extorquées qui déstabilisent, l’introspection nécessaire et les doutes diffus, toute une gamme de sentiments que les comédiens portent avec beaucoup d’aisance. Manipulation ou susceptibilité, l’amitié ou l’exclusion, la vulnérabilité et le poids du regard d’autrui, les hésitations et la peur de l’engagement, le futur  incertain confronté au passé imparfait, les pressions sociétales ou les préjugés, autant d’atouts pour cette feel good comédie sur le syndrome Peter Pan, bien dans l’air du temps, enlevée et légère comme les bulles de champagne dont se délectent les quatre personnages coupe après coupe.                                                                                                                                             Un intérieur agréablement meublé, avec aux murs des posters très évocateurs pour décor, une mise en scène fluide et des acteurs pétillants de spontanéité et de convivialité, voilà les ingrédients de cette soirée tout à fait réussie et dont la malice se prolonge même après le baisser de rideau d’une surprise réjouissante.

 

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