Le changement , c’était hier

20140526_les-jours-heureuxUn témoignage précieux pour la mémoire, une leçon d’Histoire contemporaine, un pari osé sur l’avenir, voilà la genèse du film «  Les jours heureux » de Gilles Perret que présentaient hier soir les responsables de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance, en prélude à la première journée de commémoration qui se déroulera dorénavant chaque 27 mai en souvenir de la fondation du  Comité National de la Résistance sous la direction de Jean Moulin. Ce jour-là en 1943,  19 personnes représentant les mouvements de résistance, les partis politiques et les syndicats en lutte contre le régime de Vichy se sont réunis et ont commencé à réfléchir au futur politique de notre pays. Quelques mois plus tard  ils publiaient un texte fondateur lequel posait les bases d’une révolution sociale, économique et politique dont nous profitons encore aujourd’hui. Autant dire des visionnaires ou «  quand l’utopie devient réalité »  un programme ambitieux rédigé dans les conditions impossibles de la clandestinité  qui mêlait à l’action militaire nécessaire à court terme, des objectifs politiques de transformation complète de la société française, un programme commun à toutes ces organisations aussi disparates qu’unies dans la guerre et leurs idéaux de justice, de générosité et de solidarité. Ce film est un documentaire indispensable qui mêle images d’archives et témoins encore vivants de cette époque, des papys aussi malicieux aujourd’hui qu’incroyablement courageux en ce temps-là. Leur discours n’a pas varié d’un iota, la conviction qui les anime encore et toujours trouve un écho auprès de la jeunesse qu’ils rencontrent régulièrement dans les établissements scolaires ou lors de la rencontre annuelle au Monument national de la Résistance sur le Plateau des Glières. C’est d’autant plus une évidence, en total décalage voire en opposition absolue avec la langue de bois terriblement convenue des personnalités politiques actuelles. La sincérité des convictions inébranlables de ces anciens renvoie les discours actuels à un néant maquillé de paroles vides. Ce documentaire limpide, courageux et sans concession est dédié à la mémoire de Stéphane Hessel et Raymond Aubrac décédés depuis le tournage, comme un trait d’union fondamental entre les combats d’hier et les luttes indispensables d’aujourd’hui et de demain. L’honneur et la volonté de progrès des uns dissous dans les compromissions et la vacuité des autres. Dévastateur.                                                                                                   Cette belle soirée qui redonne confiance après les sinistres résultats électoraux de dimanche se prolongeait par un échange  post-projection animé par Philipe Mottet avec un public venu en grand nombre.

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