Salam Gaza

20140520_Gaza-Calling(2)C’est dans le cadre du festival du cinéma palestinien qui se déroule actuellement à Toulouse que la réalisatrice Nahed Awwad était de passage en France et qu’elle a fait hier soir halte à Rodez pour présenter son film « Gaza calling » à Cap Cinéma et échanger ensuite avec le public à l’issue de la projection. C’est au travers du destin  individuel  de deux jeunes gens originaires de Gaza,  l’histoire aussi aberrante qu’hélas trop réelle de ce que vivent de façon ordinaire les habitants de cette langue de terre officiellement sous Autorité Palestinienne mais coupée de celle-ci, laquelle est située à Ramallah à moins de 100 kms. En effet ce pays fragmenté des deux côtés de l’état d’Israël est entièrement dépendant de la volonté politique de celui-ci, des familles séparées géographiquement le deviennent arbitrairement. « Gaza est une prison à ciel ouvert »  dit un des personnages, un autre réplique « Gaza est une douleur constante », voilà résumée en quels mots la trame de ce documentaire poignant qui montre comment de paperasse insensée en absurdité  administrative kafkaïenne, vivre est un combat de tous les jours, où , par exemple, une mère ne peut assister à la remise des diplômes de son fils étudiant car n’habitant pas sur le même territoire, où le grand frère  ne connait sa toute petite sœur que par Skype ou vidéo interposée… Une frontière quasi infranchissable entre deux parties d’un même pays fictif, quelque chose qui rappelle aussi bien le Mur de Berlin de jadis que  le partage de la Corée, où avant d’être Palestinien on naît d’abord Gazaoui ou Cisjordanien et que cela impactera à vie votre destin, où, selon la loi israélienne en vigueur, on est « un infiltré » suspect dans son propre pays… Un film où la question de l’identité est omniprésente, où même revendiquer la recette authentique du houmous est une nécessité vitale de survie… Près de 70 ans après la Nakba, la vie quotidienne de la population palestinienne devient un enjeu international de plus en plus insoluble et inextricable… Un témoignage bouleversant de sincérité. En première partie, un court métrage intitulé « Écarter les murs » montrait un groupe de Yamakasi qui essaient, via des  acrobaties insensées et  autres figures spectaculaires de s’affranchir de la partition de Jérusalem, sous l’œil de  soldats israéliens décontenancés, de leurs compatriotes arabes dubitatifs  et de  touristes visiblement séduits par la performance. La petite  note d’espoir de la soirée…

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