Le bon, la belle et les truands

téléchargementAmbiance fantomatique, décor minéral et poussiéreux incroyablement sauvage, des affreux aux mines patibulaires pas possible, un commandant de police intègre et déterminé et une jeune institutrice d’une irradiante beauté solaire… Nous sommes au fin fond de nulle part dans le Kurdistan mythique au carrefour de la Turquie, de l’Irak et de l’Iran, un lieu de tous les trafics possibles, où prospèrent non-droit et règlements de comptes sommaires. Dans ce petit village débarquent simultanément un ancien officier des peshmergas, lequel s’est illustré dans la lutte de libération contre Saddam et une toute fraiche enseignante pétrie de sa vocation. Lui a dû fuir une mère castratrice envahissante, laquelle ne rêve que de le voir convoler au plus vite, elle s’émanciper de la tutelle familiale, et, contre l’avis de ses nombreux frères, exercer le métier de son choix. Le côté incorruptible de l’un face au seigneur de guerre local corrompu et à ses hommes de mains, la volonté d’émancipation de l’autre qui se heurte au traditionalisme d’une population volontairement laissée dans l’obscurantisme, leur courage, leur volonté commune de faire évoluer les choses dans ce no man’s land coupé du monde,  leur isolement même pour faire face à l’ostracisme dont chacun est victime, tout cela les rapproche et décuple leurs forces… Aux codes du western classique flamboyant, chapeaux et  longs manteaux, l’homme de loi seul face à des desperados ligués contre lui, l’héroïne au regard et allure de braise, s’ajoutent les règles implicites de la tragédie antique, quelques notes d’ humour décalé et  un soupçon de burlesque qui transforme ce film de Hiner Saleem «  My sweet pepper land » en magnifique fable politique: l’avenir d’un pays à construire se jugera autant par le respect de ses institutions légitimes que par l’épanouissement des femmes! Ce film permet de retrouver à nouveau la sublime Golshifteh Farahani, d’une sensualité et d’une présence absolument prodigieuses, c’est dire s’il faut se hâter d’aller le voir, et à Rodez c’est en V.O. merci, pour se délecter en prime d’une bande son très éclectique transcendée par le son du hang, un instrument incroyable né de l’imagination délirante de hippies suisses au début de ce millénaire pour une touche d’intemporalité universaliste aussi fantaisiste que nécessaire.                                 Un film tout de grâce et de magie.

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