L’effet Keith cool

imagesUne initiative du Krill à marquer d’une pierre blanche:  profiter du passage en France de Keith Kouna au festival Aurores Montréal prévu à Paris en mai pour lui demander de faire halte chez nous. Un moment délicieux, une tranche de vie servie enrobée de sirop d’érable avec un soupçon de malice et d’humour caustique. Une voix au timbre très particulier, à la fois chaleureuse et enjouée mais aussi un tantinet éraillée, des textes bien troussés et pas niaiseux du tout pour jaser sur l’air du temps, les blondes et leurs chums, l’amour paternel… le tout entre simplicité et émotions, la tendresse un peu bourrue d’un écorché vif mêlée à beaucoup de pudeur. Comme en plus, il a une présence indéniable pour embarquer son auditoire dans son monde bien à lui, qu’il a le sens des formules, on se délecte de ses chansons. Si, sur ses albums, il joue accompagné de quatre musiciens en version plus déchaînée, hier, il n’y avait qu’un seul piano un peu bastringue, auquel il ajoutait de temps à autre les cordes de sa guitare tantôt aériennes tantôt plus agressives, pour nous parler par exemple du Labrador ou de l’ours brun, des clichés sur le Canada qu’il explose immédiatement avec beaucoup d’autodérision iconoclaste et de folie douce. Sa version en québécois pur jus de « Laisse béton » de Renaud  est un modèle du genre, hilarante et décalée, où les images les plus farfelues sont complètement revisitées pour des effets réjouissants. Idem pour son drôle de roman-photo qu’il se plait à effeuiller, une parodie ébouriffante pour « James Robert », un clone aussi sympathique qu’improbable du héros de Ian Fleming, tombeur insatiable de pitounes plus aguichantes les unes que les autres. Cet artiste au look d’ado prolongé est décidément  un personnage haut en couleurs, tout en vivacité d’esprit avec un sens aigu de la repartie qui fait mouche. L’air un peu lunaire et mal réveillé de celui qui a pété une coche, avec son cocktail détonnant de poésie douce-amère et un peu sombre, d’énergie survitaminée et de philosophie terre-à-terre éclairée de surréalisme teinté d’amertume, il propose un concentré d’irrévérence subtile et de bon goût. Keith Kouna qui crisse l’feu à cabane, emportait l’adhésion des spectateurs conquis, lesquels pas tannés du tout en redemandaient encore et encore et se léchaient les babines d’une ultime rasade supplémentaire de ses mélodies astucieuses.                                                                                   Un spectacle crissement réussi. À déguster comme une savoureuse queue de castor légèrement  acidulée.

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