Amanti di Verona

téléchargementC’est un pari osé que d’adapter la tragédie de Shakespeare Roméo et Juliette, peut-être la pièce la plus connue au monde, déclinée en tant de films, téléfilms, opéras, comédie musicale, B.D. et même manga. C’est celui qu’a relevé l’Agence de Voyages Imaginaires sous forme d’une ambiance tréteaux de foire à l’abri d’un immense parapluie, avec une seule et unique actrice, Valérie Bournet, laquelle se démultiplie pour jouer tous les personnages, en version caméléon, changeant sans cesse de voix, d’attitudes, de gestuelle pour incarner chacun. Accompagnée sur scène par deux acolytes musiciens et accessoiristes, elle a l’immense tâche de réinventer encore et encore une intrigue que tout le monde connait et lui insuffler vie et fantaisie. « L’histoire d’amour de Roméo et Juliette » est un spectacle atypique qui date d’une dizaine d’années, originellement une adaptation née en Afrique, et qui depuis s’est produit dans divers pays et dans des lieux aussi éclectiques que prisons, maisons de retraite ou hôpitaux, une version qui garde « la substantifique moelle » de l’œuvre dixit le metteur en scène, mais resserrée sur l’essentiel. Les haines familiales des deux clans, l’insouciance des deux amants, les duels à l’épée, la mort qui rôde, le poison ou le poignard, rien ne manque, sauf que tout ici est stylisé, avec parapluies à foison, malle magique, théâtre d’ombres ou marionnettes et surtout des intermèdes musicaux enlevés et entraînants façon guinguette revisitée qui assurent les transitions entre les actes. Cette version volontairement non spectaculaire, ni cheap ni light, à la mise en scène au contraire très élaborée et qui rebondit sans cesse avec les interpellations du public, peut surprendre, laisser même un peu perplexe et décontenancé, tant personne ne reste indifférent à cette histoire de passion fulgurante et charnelle. Une histoire dont chacun s’est emparé avec sa propre sensibilité et ses références, où il se projette ou dont il se méfie, pour tout dire si universelle et intime que l’on n’en sort pas indemne et qui se conclut par un retentissant « À vos amours » lancé à la cantonade.             Ce spectacle joué à Luc dans la salle des fêtes, un espace pas du tout adapté, se terminait ensuite par un pot convivial offert au public, un philtre d’amour fortement rehaussé en gingembre.

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