Cent voix sur le métier ….

téléchargementUn personnage étonnant, rebondissant d’énergie insatiable, la sympathie rayonnante, d’une grande élégance avec ses musiciens, une tessiture de voix à larges gammes, multi-instrumentiste compétent, voilà Michaël Gregorio tel qu’en lui-même de passage à l’Amphithéâtre hier soir. Aussi à l’aise avec une guitare électrique dont il est même capable de jouer avec les dents que derrière un piano feutré ou une batterie percutante, c’est dire si c’est un artiste complet, probablement un des meilleurs dans son genre. Imitateur, il l’est, c’est sûr, capable de passer de la variété basique à l’opéra lyrique, du hip-hop new-yorkais au jazz le plus sombre, du folk idéaliste au zouk le plus décalé, mais surtout il a une présence incroyable sur scène, entre humour et autodérision. Avec lui les univers musicaux les plus improbables font des étincelles comme  par exemple un duo Shakira/ Francis Cabrel tout de malice, Edith Piaf remixé façon boite de nuit, Mylène Farmer en version tropicale ou le clone de Grand Corps Malade slamant un standard des Bee Gees… proprement sidérant de virtuosité, de fantaisie, et d’intelligence … Une culture musicale phénoménale couplée avec des images d’archives particulièrement riches, des pastiches réjouissants ou des malentendus délicieusement ironiques, tout concourt à faire de ce spectacle un grand moment. Ouvrir son show avec la reprise d’Amsterdam de Brel d’un mimétisme parfait mettait d’emblée la barre très haut, terminer par un rock déchaîné des Clash avant de plonger in fine au milieu du public, après une prestation ahurissante d’éclectisme et d’esprit, voilà en résumé une soirée qui restera longtemps dans les mémoires. Une immersion totale pour revivre aussi bien l’utopie de fraternité des sixties, maintenant éclairée du portable à bout de bras, frémir comme à la Scala ou s’enflammer dans un stade en ébullition, saturé de sonorités électro-acoustiques, il est capable de tout, juste du meilleur. De ce récital protéiforme absolument magique chacun se remémorera avec bonheur son instant préféré, son idole revisitée ou sa chanson intemporelle car il y en avait pour tous les goûts et tous les styles… Un  feu d’artifices absolument superbe de la part d’un personnage au faux air candide de Chaplin, tiré à quatre épingles et tout de respect pudique qui termine sa performance par un selfie partagé riche d’émotions.                          Un artiste petit par la taille mais très grand par le talent.

 

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