Bling-bling

imagesUn spectacle en deux parties distinctes était proposé hier soir à la M.J.C. de Rodez.  « Coupé décalé », un spectacle supposé de danses urbaines pour mettre en valeur « la culture attiée de Côte d’Ivoire » sic, un mélange de plusieurs influences allant du hip hop à la break via des rythmes afro- caribéens notamment… Une première partie autour de James Carlès en solo sur scène qui cabotine du début à la fin, tout en frime et en logorrhées interminables, sapé comme un parvenu de mauvais goût, ray-bans surdimensionnées, montres tape à l’œil en série et costume idem, qui passe son temps à faire le m’as-tu-vu hâbleur à l’ego démesuré… toujours à hurler et claquer des talons pour se mettre en évidence, avec en plus des images vidéo live de cette performance de narcissisme exacerbé toute de vacuité en fond d’écran….quand enfin il esquisse quelques pas de danse en slip léopard enroulé dans une tenture rouge, il devient un clone pathétique serré dans un pseudo sari boursouflé. Hébété, à la dérive, sans style ni idée , les spectateurs à sa demande lui jettent au final des piécettes. Lamentable. C’est un peu comme pour les touristes à la Fontaine de Trévi mais a contrario…si certains le font pour entretenir  l’espoir de retourner un jour à Rome, là, d’autres le feraient plutôt pour se persuader qu’ils s’en débarrassent à jamais !!! Puis vint la deuxième partie intitulée ironiquement « On va gâter le coin », une chorégraphie pour cinq danseurs aux mêmes costumes improbables de clinquant et de frime, où la tchatche futile et vociférante fait office de scénario, le flow dégoulinant de marque de fabrique, le déhanché sensuel ou les pas chaloupés de démarche un tantinet aboutie, un décorum extravagant pour habiller une absence totale de la moindre idée de mise en scène ou de réflexions artistiques. Et le pire restait à venir avec, sur des images d’un colonialisme le plus rétrograde, des billets que l’on jette partout sur le plateau, avec lesquels on s’essuie les pointes des chaussures etc, genre nouveaux riches dédaigneux et méprisants qui iront même jusqu’à en distribuer quelques-uns à certains spectateurs, « le travaillement »… Une version soft de l’arnaque, aussi malsaine que funeste et qui ne rappelle que trop  la face sombre de la corruption qui règne sur le continent africain avec en point d’orgue l’affaire dite des biens mal acquis de certaines dictatures dénoncées par Transparency International. Tant d’énergie et de rythme gâchés en pure perte, mais pourquoi ne se contentent-ils pas de danser ce qu’ils font superbement… insondable mystère.                                                                                          On en apprend beaucoup plus sur la vie et l’ambiance réelle en  relisant les différents tomes de la  B.D  Aya de Yopougon, une  délicieuse plongée au cœur d’Abidjan.

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