Un truc de ouf

téléchargement (2) La salle de La Baleine était archicomble hier soir pour accueillir Ibrahim Maalouf et son orchestre actuellement en tournée pour promouvoir son dernier album en date « Illusions » son dernier C.D. sorti en novembre 2013, celui-là même qui lui a valu cette année une Victoire de la Musique catégorie Musiques traditionnelles ou du monde, une première pour un enregistrement entièrement instrumental. À l’entrée, distribution de bouchons d’oreilles, ce qui laissait augurer du dynamisme et du volume sonores attendus, mais en fait le spectacle était beaucoup plus inventif et subtil, tout en modulations variées et jouait sur une large gamme de jazz cosmopolite du plus intimiste au plus tonitruant. Ils sont huit sur scène, tous de noir vêtus, avec bien sûr en force une section de quatre trompettes aussi percutantes que bourrées d’énergie, avec au premier rang bien évidement le chef  et sa fameuse déclinaison  spéciale à quatre pistons, une guitare, une basse, une batterie et un clavier. Dès le début, on entre dans le vif du sujet, des sonorités éclectiques en rafales, des projecteurs sans cesse en mouvements aux lumières tantôt toutes de volupté séduisante tantôt beaucoup plus agressives, et lentement c’est tout une atmosphère particulière qui s’installe. Beaucoup de modulations dans le tempo et le rythme, des accents orientaux ou plus endiablés façon fanfare en transes, de longues séquences planantes en volutes pour faire écho aux envolées plus rock, un style résolument décontracté et une empathie volontiers volubile, l’alchimie opère. Un des moments les plus forts restera  « Beyrouth », un hommage en forme de témoignage poignant, hanté par les fantômes de la guerre civile et des nombreux attentats, une ballade souvent plaintive voire déchirante de désespoir et d’impuissance laquelle s’achève par un déluge de puissance  pour conjurer cette atmosphère mortifère et la métamorphoser radicalement. Bien sûr, inévitable plaie ou signature intrinsèque du jazz, c’est selon, chaque instrumentiste a eu droit à son solo de furie pour bien se mettre en valeur, mais juste par petites touches et sans s‘attarder inutilement. Le public très attentif swinguait de plaisir, emporté par cette atmosphère à la fois aussi chaleureuse que ouatée. Un concert généreux et métissé qui bouscule les frontières et ouvre de multiples perspectives.

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