Marche ou rêve?

téléchargementDans la pénombre, ils sont cinq, en cirés, bottes et lampes frontales, cinq, à se retrouver autour d’un feu de camp pour entonner a capella un chant qui sonne comme un cri de ralliement… Cinq personnages qui vont tout au long de la pièce «  Le signal du promeneur » décliner leurs histoires aussi insolites que dérangeantes, cinq destins hors du commun qui interrogent le spectateur sur «  la trajectoire de la vie » , la pression sociale, le pourquoi du travail, aliénant ou libérateur, la responsabilité individuelle et collective, la nécessité de l’équilibre dans la chaîne alimentaire pour préserver l’environnement de chacun,  la résistance à l’ordre établi… et beaucoup d’autres choses aussi essentielles que la vérité ou la dissimulation, le compromis jamais définitivement acquis entre idéaux et quotidien etc… autant dire des pensées philosophiques de haut vol. « Raoul Collectif »   une troupe venue tout droit de Belgique propose ainsi avec cette création derrière ce qui apparaît comme un joyeux capharnaüm d’objets hétéroclites, un piano déglingué, une pyramide aléatoire de tabourets ou une plante en pot… une étonnante autopsie de la société actuelle. Au-delà du procès reconstitué du meurtrier Jean-Claude Romand,  l’adversaire,  apparaît en creux  le symptôme d’une maladie sociale insidieuse, idem pour les réflexions sur la disparition des abeilles qui font référence à Albert Einstein, ou le parcours incroyable du type qui a tout plaqué à la recherche depuis des décennies d’un insecte au Mexique… Illuminés, rêveurs, à côté de la plaque ,mythomanes, utopiques, et/ou en marge, chaque destinée ainsi brièvement retracée interpelle chacun dans ses choix de vie et ses  intimes convictions. Comme en plus la mise en scène est carrément déjantée, délibérément exagérée, anachronique au besoin, mais toujours d’une extrême cohérence, que les cinq comédiens sont absolument sensationnels d’aisance, de  retenue ou de déséquilibre instable, c’est selon, on ressort de ce spectacle baigné d’euphorie désabusée et particulièrement intelligent, aussi séduit que décontenancé. Ce que le final en orchestre carnavalesque prolonge encore d’une note ultime de folie douce délicieusement contagieuse.                         Des belges qui ont une sacrée frite.

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