Allumer le feu

téléchargementDeux ados qui s’embrassent, un petit bec dans la cour d’un lycée  et… plus rien n’est comme avant, « le monde vacille»…Leurs copains, les profs, le chef d’établissement et jusqu’à la vieille octogénaire qui tendrement aime à  observer de sa fenêtre cette jeunesse toute de fougue et de promesses, ça placote en tous sens, et tous en sont bouleversés. Un chum et une blonde qui tombent en amour… et ce sont eux qui s’interrogent sur leurs rêves, leurs désirs, leurs histoires. « S’embrasent » un texte de Luc Tartar est incisif, mordant à souhait, cru parfois, mais toujours pertinent et juste, et les comédiens du Théâtre du Bluff  venus du Québec, pleins d’entrain et d’énergie. Un décor minimaliste avec juste en fond un immense tableau palissade lequel, au fil du spectacle, deviendra défouloir à graffitis, où chacun pourra exprimer ses craintes ou ses espoirs, ses certitudes ou ses doutes… Cette introspection dans l’intime de ces d’jeuns au look raccord fait pendant à la vieille dame indigne, laquelle détonne en « rescapée de la solitude » qui préfère au lieu des géraniums mettre sur sa fenêtre une soucoupe pleine de préservatifs à disposition, leur enthousiasme sans limite et tout d’ingénuité, leur capacité à inventer un futur toujours possible font écho à l’image de leurs parents pas forcément folichonne… Un texte sans concession donc et surtout une mise en scène de Éric Jean résolument décoiffante où l’on jase à tout va, où une joke un peu désabusée sur les pitounes pas farouches rebondit en toune populaire version Michel Fugain, où l’on se trémousse dans un joyeux bazar, chaque comédien incarnant avec malice les  palpitations aléatoires de leurs cœurs hésitants et les sentiments contradictoires induits. Toujours sur le fil du rasoir, les réflexions des uns et des autres devant cette évidence d’amour mêlent poésie ou chansons, instantanés de cinéma ou comédie musicale nappée de sirop d’érable pour traduire la fulgurance de sensualité, l’incandescence des chairs et la passion désinvolte. « Le temps est suspendu en équilibre au bord du monde », tout pour transcender un spectacle particulièrement dense en incendie tumultueux des corps et des âmes.                   Un tourbillon de vitalité contagieuse, tabarbak.

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