Recordaçoes

téléchargementBarroso ce n’est pas que le nom de l’actuel Président de la Commission Européenne, c’est aussi une région de hauts plateaux montagneux tout au nord du Portugal où Marc Weymuller a planté sa caméra pour y respirer l’air du temps. Son film « La vie au loin » était à l’affiche ce jeudi à la médiathèque, mais il faut se pincer pour croire que les différentes séquences ont bien été tournées en 2011 tant les images semblent incroyablement décalées. Des paysages désespérément invariables, les ruelles des villages sont encore pavées comme jadis, uniquement des anciens qui travaillent à la faux dans les champs, coupent du bois ou  cuisent le pain au four traditionnel … et seule animation hebdomadaire pour rompre cet ordinaire immuable, la messe dominicale où tous vêtus de noir se pressent pour écouter le padre, lequel est revenu dans sa paroisse natale après avoir longtemps vécu au Brésil. On croise aussi un vieillard qui s’est découvert une passion sur le tard pour la poésie qu’il tape consciencieusement d’un seul doigt  sur une antique machine à écrire, de celle que l’on ne trouve plus que dans les musées… La nostalgie omniprésente mais version gluante et pour tout dire castratrice, les longues journées à tuer le temps au café à jouer aux dominos, l’atmosphère cafardeuse que dégage ce film est en permanence limite neurasthénique y compris le jour de la fête  patronale avec sa procession à l’ancienne et son bal en plein air guère entraînant. Si on ajoute en plus qu’il y pleut ou neige très souvent, c’est l’absence de vie réelle tournée vers le futur, de projets, qui marque le plus. Il faudra attendre la toute fin du film pour voir à l’écran un simple tracteur ou une moto, c’est dire si ce film mérite bien son titre. Le plus intéressant se révèle être les vieilles photos, noir et blanc bien sûr, qui ponctuent ce documentaire, des visages de vieillards burinés dans leur vie quotidienne, et l’on mesure alors immédiatement ce qu’est l’exode rural dans cette région reculée oubliée de Lisbonne, laquelle se meurt lentement mais surement, où l’autarcie mène au suicide progressif ce qu’illustre parfaitement le drapeau du Portugal qui tombe en lambeaux et peine à flotter  encore sur la place centrale…               Prochain rendez-vous le jeudi 13 mars toujours à 18 heures avec « Bambi », un moyen métrage de 2013 qui trace le portrait d’un travesti célèbre dans les cabarets des années 50/60.

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Un commentaire pour Recordaçoes

  1. Albouy dit :

    Super site . Ravie de faire mes premières lectures .

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