Fabriqué en Chine

téléchargement (2) Derrière nombre de produits Made in China, en particulier les textiles bon marché, se cachent des usines où les ouvriers se tuent à la tâche, presque des esclaves, logés sur place, partageant promiscuité et précarité. Souvent ils ont dû s’exiler pour trouver ces emplois surexploités dans des villes surpeuplées et dévastées par la pollution chaque jour plus inquiétante, contraints d’abandonner trop souvent leurs familles restées à la campagne. C’est le cas de la famille Zhang, personnages centraux du film de Lixin Fan «  Le dernier train », lequel était  projeté hier à la médiathèque dans une salle comble. Nous sommes en période de nouvel an chinois, un moment clé, puisque à ce moment-là, 130 millions de travailleurs migrants retournent dans leurs villages rejoindre leurs proches. Le père et la mère travaillent dans des conditions inimaginables, cousant inlassablement des jeans de grande marque américaines pour des salaires de misère, leurs deux enfants s’élèvent seuls à la ferme sous le regard bienveillant de la grand- mère qu’ils épaulent dans les champs, piquant le riz, nourrissant les porcs ou les volailles…Une fois l’an, à l’occasion de cette fête si importante dans le calendrier, c’est la ruée inextricable dans les gares, la foule contenue par l’armée ou la police, pour obtenir les précieux billets. Mais le voyage n’en finit pas, cela peut durer des jours et des jours, car plus de  2200 kilomètres sont à parcourir pour rejoindre le Sichuan, ensuite il faut prendre un bateau, puis un car et après un peu de marche, enfin, le village pour quelques jours seulement.  Bien trop  insuffisant pour entretenir de véritables liens entre les générations et le mal être de tous se révèle. Culpabilité des parents, crise d’adolescence exacerbée, impuissance des anciens, la cellule famille implose. Pire, avec la crise économique de 2008 conséquence de la division internationale du travail, des ateliers ferment, des usines licencient, et, sans aucune protection sociale, la classe ouvrière sombre dans le dénuement. Enfermée dans un terrible dilemme la famille devra faire un choix impossible entre nécessité matérielle et relations humaines… Après avoir vu ce film magnifique et poignant, tout en délicatesse et sensibilité, on ne pourra que vérifier à deux fois avant de faire ses achats et l’on s’essaiera à conjuguer éthique et étiquette.

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