Kaboul hymen

téléchargementSalle comble pour un film afghan sous-titré à Rodez, voilà une nouvelle preuve que le multiplex correspond bien aux attentes de la population, laquelle ne se satisfait pas des seuls blockbusters. Mercredi soir, c’était donc la première projection de «  Wajma, une fiancée afghane » le second opus de Barmak Akram. Celui-ci, réfugié politique à Paris avait fait le déplacement pour promouvoir son film et a même offert en préambule accompagné à l’harmonium quelques mélodies de son cru. Il faut dire aussi qu’il est par ailleurs parolier entre autres de Matthieu Chedid et Susheela Raman, lesquels en échange ont participé à la musique de ce film.                                                                             Le décor est planté dès les premières séquences, Kaboul, une ville encerclée par les montagnes, beaucoup de neige, une ville qui essaie de se relever de décennies  de guerre et de l’empreinte des talibans. On y croise Wajma, – prénom qui signifie la brise du matin – jeune étudiante pétillante de vie, laquelle issue d’une famille plutôt tolérante et moderne vient d’être admise à la fac de droit,  mais aussi Mostafa, serveur dans un café branché, leurs proches … Jeunes et passionnés, ils frémissent de vitalité, d’espoirs, de désirs… Une idylle se noue toute de pudeur et de clandestinité, sauf qu’il faut composer avec une société patriarcale rétrograde, laquelle enferme chaque afghan, hommes et  femmes confondus, dans le carcan de traditions devenues obsolètes mais incontournables, et notamment l’obsession de la virginité obligatoire. On touche là au cœur du drame qui se joue entre, d’un côté, le père qui gagne sa vie comme démineur aimant certes, mais capable de se muer très vite en tyran extrêmement violent dès qu’il s’agit de «questions d’honneur » et le clan des femmes de la maison, grand-mère, mère et fille lesquelles, par solidarité, essaient de faire front. Autour de ce sujet brûlant parce que touchant à l’intime, et donc subversif voire quasi suicidaire, se cristallisent doutes et passions … Filmé en lumière naturelle, avec des comédiens en devenir formés à l’école d’Ariane Mnouchkine, ce long métrage teinté de féminisme autant que respectueux ne fait pas l’impasse sur l’obscurantisme religieux castrateur. Il propose d’autres images de l’Afghanistan actuel, ce pays enjeu d’intérêts divergents notamment économiques entre les grandes puissances mais dont la société évolue lentement. Ce projet autant artistique que politique qui  porte témoignage de son temps reste encore à l’affiche toute cette semaine, c’est une occasion à ne pas rater.

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