Les engagements de Salomon

téléchargementUne histoire ahurissante, à peine croyable et pourtant authentique que celle de Salomon Northup, lequel militera jusqu’à sa mort en infatigable défenseur de la Liberté. Nous sommes en 1841, 20 ans avant la Guerre de Sécession laquelle abolira définitivement  l’esclavage, et cet homme qui a réellement existé, coule une existence paisible avec femme et enfants à Saratoga, une petite ville de l’Etat de New York où ses talents de violoniste commencent à être reconnus.  Kidnappé par des  trafiquants sans scrupule, il perdra son identité et sera vendu au plus offrant comme esclave dans des plantations du Sud, au gré des fortunes diverses de  ses maîtres. Il survivra ainsi plus d’une décennie et sera miraculeusement libéré avant de publier plus tard  ses mémoires « 12 Years a Slave » qui sont la base de la dernière réalisation éponyme de Steve Mc Queen. Un témoignage hallucinant, lequel se confronte sans détour avec le passé des Etats-Unis, sa plaie originelle et jamais totalement refermée que la place des noirs et leur représentation dans l’histoire de ce pays. Certes des livres et des films sur ce sujet,  il n’en manque pas, mais il semble que depuis l’élection d’Obama on assiste à une certaine réhabilitation, un autre regard plus attentif et plus humain. Toute la problématique de ce film est de donner à voir à la fois des images d’une cruauté accablante sur la haine raciale, mais aussi d’ouvrir un abîme d’introspections sans faiblesse ni complaisance sur l’intimité de ce pays. Le réalisateur confiait récemment que ce livre l’avait hanté et qu’il était pour lui « aussi essentiel pour l’Histoire américaine que le journal d’Anne Franck pour l’Histoire européenne », on mesure donc l’enjeu. Construit comme une fresque épique, c’est une reconstitution minutieuse des lieux et de l’époque avec une galerie de personnages finement ciselés, entre sadisme des uns et fraternité des autres, ce long métrage de plus de deux heures éclaire ainsi une page méconnue de la mémoire contemporaine. De longs plans fixes jalonnent à intervalles réguliers ce récit filmé à hauteur humaine et le transcendent en parabole universelle. Les deux comédiens principaux Chitewel Eijofor et Michael Fassbender au jeu particulièrement intense méritent largement leurs nominations aux prochains Oscars. Souvent lyrique, parfois plus en pudeur et retenue, ce film, qu’il faut voir en version originale évidemment, rend palpable au-delà d’une histoire individuelle le souffle d’un destin collectif.  

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