Ciao pantin

téléchargementIl fête ses soixante-cinq ans chez lui dans un grand appartement bourgeois dont la terrasse donne sur le Colisée entouré d’une cour de personnages aussi vains que lui. Jadis, il y a plusieurs décennies, il avait écrit un livre, un seul, dont on lui parle encore et, depuis rien, si ce n’est quelques interviews dans les journaux. Toujours tiré à quatre épingles dans des costumes toujours différents,  il traine son désœuvrement dans Rome, de fêtes ridicules peuplées de fantômes transparents en expositions aussi absurdes que bizarres, de pièces contemporaines minimalistes en diners frivoles, il est devenu expert es mondanités, l’oreille attentive à toutes les confessions de ses proches, plus vaines les unes que les autres. Dandy élégant et dérisoire, il erre dans la ville éternelle où, à chaque carrefour, chaque rue, l’Art ou l’Histoire ont laissé ici des empreintes, là des vestiges, ailleurs des souvenirs autant dire l’exact opposé du vide sidéral qu’est devenue sa vie et celle de ses  acolytes qui lui collent aux basques. On ne peut pas dire que l’on se passionne dans ce film qui s’étire sur plus de deux heures pour essayer de rendre  palpable la vacuité insondable de l’existence de ce personnage désabusé, son coté opaque et quasi insubmersible, loin de là. Il se dégage au contraire une profonde mélancolie et une nostalgie désespérée voire  neurasthénique de chaque plan, la peinture d’une capitale et, au-delà de l’Italie, comme un pays qui fait du surplace et ne trouve quelque écho que dans son passé. La religion même n’échappe pas  à ce sinistre constat gluant d’ennui. Les éminences, bonnes sœurs en voie de sainteté et autres autorités spirituelles que l’on y croise semblent définitivement aussi figées que décrépites,  sans aura, juste des morts en sursis …                                                                                                           Autant il faut profiter du festival Télérama, pour la première fois à Rodez avec ticket à 3 euros, pour voir en salles des films que l’on a loupés à leur sortie autant on peut s’abstenir de voir  ce film plus ennuyeux que crépusculaire « La grande belleza » de Paolo Sorrentino que l’on a connu beaucoup plus inspiré par ailleurs, lequel curieusement sera de la sélection aux Oscars 2014 dans la catégorie films en langue étrangère. À en perdre son latin.

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