Saga Africa

téléchargementUn cri de douleur qui éclaire sans concession une réalité sur laquelle on ferme délibérément  les yeux, voilà comment on pourrait définir le long métrage d’Oriol Canals intitulé « Sombras », lequel était projeté hier à la M.J.C. de Rodez en partenariat avec la médiathèque dans le cadre du mois du film documentaire. Des histoires individuelles pour raconter  toujours la même chose, celles d’hommes qui ont cru dans un eldorado fantasmé, l’Europe supposée opulente, et qui, chaque année, tentent « leur chance ». Gagner notre continent après un périple extrême de plusieurs milliers de kilomètres, traverser des déserts, grimper dans des embarcations de fortune, et, si par miracle, ils échouent sur nos côtes, le plus dur reste à affronter. Survivre sans papier, sans domicile, sans boulot, toujours à errer au gré des saisons agricoles pour louer leur force de travail, pour récolter des fruits ici, peiner dans les champs là, une vie de galère à laquelle ils ne sont pas préparés… Venus du Ghana, du Burkina Faso, du Sénégal ou d’ailleurs, et malgré la solidarité des humbles et des exclus, leurs rêves radieux deviennent funestes cauchemars… Face caméra ils témoignent de leur misère au quotidien, tiraillés qu’ils sont entre les espoirs des familles restées au pays qui comptent tant sur eux et la honte d’avoir échoué. Des silhouettes fantomatiques auxquelles, pudiquement, et avec toute la retenue nécessaire, le réalisateur qui a su gagner leur confiance et leur respect, donne une réalité charnelle, comme une réhabilitation humaine quasi mystique. D’anonymes ou interchangeables, chacun affirme sa propre identité, sa propre personnalité, son chemin de vie. C’est d’ailleurs tout le sens de ce film, soutenu par le  Haut Commissariat aux Réfugiés de l’O.N.U, lequel honore la mémoire de tous ces migrants, leur donner la parole dans leur propre langue, wolof, bambara, peul, etc… pour se réapproprier sa trajectoire intime et personnelle, la transmettre et la faire partager. Une réflexion morale essentielle presque éthique sur la visibilité au cinéma, ce que le réalisateur présent dans la salle résume ainsi « comment  montrer des gens qui ont peur d’être vus, raconter leur histoire alors qu’ils n’aspirent qu’à l’oublier ».                                                                                                 Un film  à forte valeur humaine ajoutée.

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