À plein régime

téléchargementC’était un anniversaire, 20 ans déjà qu’il se produisait en ces mêmes lieux de de la M.J.C. de Rodez pour une de ses premières scènes. Hier soir Wally, devant une salle à guichets fermés nous délectait avec «  J’ai arrêté les bretelles » son dernier spectacle, quelque part entre le stand-up pour son coté ravageur à froid  « qui plombe l’ambiance »  (mais dont on raffole) et des variations musicales, mixe improbable de chansons à texte où le paradoxe fait écho au non-sense, la gouaille aux répliques décoiffantes.  Il attaque sa performance en susurrant dans un anglais chamallow la recette de la daube, et le ton est tout de suite donné : humour décalé , au besoin bien noir, et autodérision. On comprend vite ce que jongler avec les expressions veut dire, où la philo approximative genre pataphysique fait écho aux aphorismes les plus farfelus, les oxymores côtoient des formules réjouissantes de folie douce, le tout mâtiné de bonhommie conviviale revendiquée. Bien sûr d’emblée, il évoque  son changement radical de silhouette, photo à l’appui, mais c’est pour mieux s’en détacher et repartir aussitôt batifoler avec gourmandise dans l’univers des mots et des concepts dont il se joue jusqu’à l’absurde. Quant à ses fameuses chansons courtes dont il a fait un recueil mémorable, on y trouve du mauvais goût volontaire, de l’ironie pétillante ou de l’insolite décalé, c’est selon, mais toujours le sens de la repartie cinglante à savourer lentement. Maîtrisant parfaitement l’art délicat de la satire on ne peut que rire aux éclats devant la composition du chanteur français à texte, regard perdu dans le vague et lumière tamisée, autocentré sur lui-même qui se lance dans une logorrhée ultra signifiante… juste symptomatique, pour en quelques minutes, brocarder le monde du show-bizz et de l’entre soi. Autre temps fort lorsqu’il se fait camelot pour promouvoir un catalogue d’objets insolites entre tee-shirts et paillassons qui bientôt deviendront collectors. Ce spectacle où l’on croise aussi bien Pierre Desproges que Paul Lafargue, Bob Dylan que Queen  et qui finit tout en tendresse est encore plus abouti que les précédents.                                                                                                 C’est dire si, saisir l’occasion de le voir à Decazeville ce soir est à ne pas rater pour tous ceux qui veulent profiter d’un moment exquis aussi cocasse qu’impertinent.

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Un commentaire pour À plein régime

  1. michel rey dit :

    c’est bien dit bravo
    Michel rey

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