Adèle émois dormants

imagesPour inaugurer les nouvelles salles (confortables et super équipées) du nouveau complexe Cinéma de Rodez, quoi de mieux que la dernière  Palme d’or de Cannes. Le film d’Abdellatif Kechiche « la vie d’Adèle » dure trois heures que l’on ne voit pas passer, mieux même, chaque plan, chaque séquence nécessite de prendre son temps et cette durée rend encore plus palpable toutes les émotions qui transfigurent l’héroïne. C’est d’abord d’initiation dont il s’agit car c’est la rencontre d’une jeune lycéenne passionnée de littérature et d’une étudiante aux beaux-arts plus mature. L’aînée lui fait découvrir au travers de sa peinture ou des musées, la valeur de la création, elle qui tâtonne et se cherche s’affranchira de la fulgurance du désir, découvrira la passion dévorante et les ruptures douloureuses, de celle dont on ne sort pas indemne mais qui fait grandir … Adèle Exarchopoulous est extraordinaire dans le rôle-titre, filmée quasiment en gros plan du début à la fin, on n’ignore rien du velouté de sa peau, de son corps magnifié par des scènes d’amour hallucinantes de sincérité, de sa fragilité amoureuse et de son appétit de vivre. Témoin de son sommeil, de son plaisir de manger ou d’aimer, le film s’aventure vers des limites toujours repoussées et là on tutoie vraiment le sublime …                                         Au-delà  de cette histoire éminemment intime, se lit aussi un plaidoyer pour le vivre ensemble car la population de ce Nord chaleureux est multiethnique, pour la défense de valeurs pour lesquelles les jeunes n’hésitent pas à manifester,  mais aussi pour la culture comme patrimoine à transmettre via son futur professionnel d’institutrice. Et pour couronner le tout, il y a aussi les différences de classes sociales et l’acceptation ou non du regard des autres. Contrairement à la polémique actuelle on ne ressent qu’une immense empathie envers tous ces personnages que transcendent de merveilleuses lumières. Ce grand film politique et sensuel, tout en nuances, librement adapté d’une B.D. et qui cite pêle-mêle Sartre ou Marivaux, Egon Schiele ou Francis Ponge, donne l’intelligence et la tolérance en partage, c’est dire s’il s’impose comme rare et indispensable.

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